jeudi, juillet 17, 2008

Aubergiste par choix


C'est ce qu'il signe à côté de son nom et il a bien raison. Nous avons passé quelques jours ici. Quel merveilleux endroit!
En revenant, j'ai vu que j'ai manqué Miss Patata de peu! Avoir su!!!

Premièrement, le site est superbe. Sur l'île, c'est tout calme, tout beau. L'auberge est plus que coquette. Nous avions une magnifique chambre romantique et un lit si moelleux et confortable que j'y serais restée tout mon séjour...
Ce qui est saisissant dès qu'on met les pieds chez Le Canard Huppé, c'est la sincérité de l'accueil. Nous avons capté le profond et chaleureux sourire de Maggie, la propriétaire, qui nous a accueillis dans toute la finesse de l'art. Puis, plus tard, c'est Philip, son amoureux-proprio-grand-chef-aubergiste-par-choix, qui est venu nous serrer la pince comme si nous étions de la grande visite. La chaleur! Le plaisir de recevoir... "Lorsque vous recevez de la visite, est-ce que c'est votre voisin qui vous accueille? Bien non. C'est vous. Alors ici, je me fais un devoir de saluer TOUS les clients à l'arrivée et au départ. Parce que c'est leur sourire qui me nourrit." C'est ça qu'il nous a dit, Monsieur-aubergiste-par-choix. Comment ne pas succomber au charme de cette auberge de charme après une telle réplique spontanée...

Puis, la rencontre directe avec le talent de Monsieur Philip. Nous avons pris le repas gastronomique. Ohhhhh!!! Ahhhh!!!!! L.A. P.E.R.F.E.C.T.I.O.N.... Le plaisir des sens. Bon sang de bon sang.... Oui, la perfection... Les surprises, la fête, le contraste des saveurs, la célébration du plaisir de manger... Quelle table! Quel chef! De plus, souvent, Philip quitte ses chaudrons pour venir causer un brin. Il fait le tour des tables, il célèbre avec nous. Le sourire. Le plaisir...

Ce qui fait du bien au coeur aussi, c'est l'absence de tout ce qui est artificiel. La cohérence et l'intégrité de Maggie et Philip. On ne se déguise pas en marionnette de service, on est soi. On ne perle pas, on parle. On ne butte pas dans les entourloupettes, les courbettes, les stepettes, on vit la rencontre. Oui, on la vit. Parce que ce avec quoi on est en contact, c'est avec la vraie affaire. Des draps de vrai coton, de la vraie bouffe de l'île d'Orléans, tout un respect accordé aux producteurs de la place (il faut acheter le livre de recettes et le faire signer par Philip). Le soin accordé à la nourriture RÉELLE et purement divine. Les vraies conversations, pas le m'as-tu-vu qui m'exaspère parfois dans une auberge. La politesse des jeunes employées formées à être aussi respectueuses et chaleureuses que leurs patrons. La vraie vie. Le bonheur.

C'est ça qu'elle dégage, cette auberge. On se demande encore comment il fait, le Philip, pour être aussi attentionné et chaleureux quand on connaît son emploi du temps. Le lendemain de notre arrivée, il y avait un tournage pour la télé britannique, mille canapés à préparer, les clients de l'auberge à s'occuper, les excellents déjeuners (essayez l'oeuf bénédictine au saumon fumé par Philip lui-même) et les décadents soupers à préparer etc. Jamais, jamais nous n'avons senti la moindre inquiétude, le moindre petit iota de tourment chez Maggie et Philip. Sans oublier la belle petite Shanie de 7 semaines qui venait aussi parfois nous saluer.

Nous avons fait le tour de l'île, naturellement. Nous sommes allés sur les traces de Félix Leclerc, nous avons visité les belles églises, rencontré des artisans, savouré la fameuse crème glacée molle trempée dans le chocolat de cette chocolaterie de Ste-Pétronille. C'était une suggestion de Maggie. Chasuble d'étole! Ça ne se décrit pas, cette affaire-là. La prochaine fois que je vais retourner à Québec, c'est certain que je vais faire le détour seulement pour cette crème glacée absolument indescriptible. Ohhh!!!

Mais non, la prochaine fois que j'irai à Québec, je ne ferai pas le détour, je vais retourner chez Maggie et Philip. Parce que les gens passionnés me fascinent. Ces belles personnes ont su toucher mon coeur par leur authenticité et parce qu'elles sont le modèle même de ceux qui ont vraiment du coeur au ventre et qui accordent aux rencontres, un sens sacré.

Oui, aubergistes par choix, et l'expérience du Canard Huppé le confirme parfaitement.

Oh! J'oubliais! Ils sont jeunes.... Ça fait du bien!

Merci à vous deux! Nous retournerons vous voir...

samedi, juillet 12, 2008

Hercule et ses femmes


Depuis le début des vacances, je marche le matin au Parc Régional. Bien oui, toujours là. Je ne m'en lasse pas. Je retrouve mes compagnons les oiseaux, les cerfs, les ratons, les hérons, les fleurs sauvages et les sportifs silencieux du jour. J'y vais assez tôt donc, j'évite la talle.

Hier, j'ai assisté à une scène assez choquante. Je dirais même, révoltante... J'ai failli m'en mêler mais, je me suis retenue... Je ne voulais pas encourager ce rapport de force et y participer aurait été donner raison à ce que déplore. J'ai préféré décrire la chose ici.

Il faisait chaud. Il faisait beau... Je marchais sur les petits chemins contournant le lac lorsque j'ai aperçu une famille de nationalité arabe. Il y a souvent de ces belles grosses familles qui viennent se reposer au Parc Régional. C'est beau de voir les enfants, les parents, les oncles, les tantes, les grands-parents, tous contents d'être ensemble et de partager victuailles garnissant plusieurs tables. Ils bavardent, s'amusent, mangent, font la même chose que tout le monde en fait... Mais ce que j'ai vu hier n'était pas habituel et, j'ai senti monter en moi une franche colère, un élan de révolte en observant cette famille. Qu'elle soit québécoise, américaine, italienne, asiatique, européenne, australienne, mexicaine ou arabe, là n'est pas le problème. Je vais décrire, vous comprendrez mieux.

Ils étaient 6. Le papa ( un grand gaillard d'environ 6 pieds, tout en muscles), la maman ( toute petite, portant le hijab et la longue robe), une adolescente d'environ 12 ans, une fillette d'environ 8 ans, une autre d'environ 5 ans et un petit garçon de, je dirais 6 ans. Ils sont arrivés avec leur glacière, leurs chaudrons, leurs couvertures, toute la bastringue. Monsieur a étendu la couverture à l'ombre d'un arbre et a commencé à jouer aux cartes avec son fiston. Pendant ce temps, Madame est partie avec ses trois petites filles et elles se sont dirigées vers une table de bois. Il fallait transporter le mastodonte à l'ombre, proche de la couverture sur laquelle étaient étendus les hommes de la maison.

Tire,,, pousse,,, tire,,, pousse,,, change de place,,, tire,,, pousse.... À force d'efforts et de sueurs, les femmes arrivaient à peine à bouger l'objet d'un centimètre. Le gros colosse de père et mari jouait aux cartes, le fils-frère aussi. Les filles tiraient,,,, poussaient.... La mère s'éreintait en essayant de lever la table. L'homme restait là, souriant de toutes ses grandes dents blanches sous son épaisse moustache, il était bien à l'ombre de l'arbre avec le petiot...

Puis, la toute petite fille a abandonné et est partie vers son père. J'ai cru comprendre qu'elle lui demandait de l'aide puisqu'elle pointait sa mère et ses soeurs croulant sous l'effort.

D'un geste irrité, le Roi a balayé l'air en signifiant à sa petite fille de retourner chercher la table. Et il a continuer sa partie de cartes.

Maudit sans coeur.

vendredi, juillet 04, 2008

À faire peur



Le Châtelaine me déçoit de mois en mois. Pour différentes raisons. Une fois, c'était pour l'éditorial de Lise Ravary qui parlait des mannequins de taille forte portant du 12 ans. Surtout venant d'elle, jolie mais très ronde, ça sentait le lait caillé lorsqu'on lisait son article. Taille forte portant du 12 ans... Une fille qui porte du 12 ans est NORMALE. Elle n'est pas de taille forte. Pour moi, une taille forte porte du 18, 20 ans. Pas du 12. Alors, que le magazine féminin le plus populaire au Québec endosse de tels propos me lève le coeur. J'ai écrit à Châtelaine. Ça m'a fait du bien.

Mais là, précipitez-vous au dépanneur du coin et lisez la une du Châtelaine qui vient d'être publié. On y voit la photo de Josée Lavigueur (photo très travaillée en passant car j'ai justement déjeuné à la table voisine de Madame Énergie-Cardio à St-Lambert et disons qu'en personne, elle est beaucoup plus,,,, vivante et,,,, normale). Madame Lavigueur est un modèle de la forme physique. D'ailleurs, c'était assez amusant de voir ce qu'elle avait commandé pour déjeuner. La même chose que moi. Donc, Madame ne sombre pas dans l'anorexie. Elle mange. Ce qui est très rassurant.

Mais ce qui m'irrite au plus haut point n'est pas la belle photo de Madame-en-pleine-forme. C'est plutôt la phrase créée par Châtelaine: " ON VOUDRAIT TOUTES ÊTRE COMME ELLE." Ou quelque chose du genre. Mon exemplaire est au deuxième étage et je n'ai même pas le goût de monter pour vérifier l'exactitude de cette citation. Donc, vous vérifierez si c'est bien cela.

Mais qui est Châtelaine pour dire que nous voulons TOUTES lui ressembler???? Elle semble bien gentille, la Josée. Bien dynamique, en forme, éveillée, souriante et tout et tout. Mais est-ce le rêve de toutes les femmes que de vouloir lui ressembler???? Je trouve cette phrase franchement niaiseuse et vide . Est-ce que Josée Lavigueur est le "boutte de la marde?" Excusez cette expression franchement populaire et presque grossière mais je n'en trouve pas d'autre pour aller dans le même sens que le "On voudrait toutes lui ressembler." Mais quecé ça?????

Pourquoi une femme devrait-elle vouloir ressembler à une autre femme? Pourquoi faudrait-il toujours se fier à un idéal qui n'est jamais simplement que d'être soi-même? Je m'excuse mais, je n'ai peut-être pas la jambe de Madame Lavigueur, ni ses pectoraux mais jamais, au grand jamais, je n'ai voulu ressembler à cette femme une seule seconde de ma vie.

Je ne veux pas lui ressembler comme je ne veux ressembler à aucune autre personne qu'à la vraie Souimi.

Et c'est ce qui me fascine chez les gens qui savent qui ils sont. Il y a quelque temps, une élève m'a écrit une longue lettre pour la fin de l'année. Elle me disait qu'elle n'avait pas été l'élève modèle mais qu'elle espérait que je me souvienne d'elle. Je lui ai répondu que ce n'était pas les élèves modèles qui me touchaient mais ceux qui étaient A.U.T.H.E.N.T.I.Q.U.E.S. Ainsi, le rêve est pour moi, de se trouver soi.

Châtelaine peut bien aller se cacher avec ses clones de Josée Lavigueur.... Non mais,,, si j'avais à choisir...... Jamais je n'aurais pensé à elle....

dimanche, juin 22, 2008

Les margoulettes


Après avoir lu ce billet, je sens le besoin de faire une montée de lait... Daniel parle d'une catégorie de femmes. Je vais parler d'un autre type d'irritant féminin.

Je deviens de plus en plus exaspérée lorsque je rencontre des grandes gueules. Je ne suis plus capable. J'ai déjà écrit un billet sur ce sujet mais je sens vraiment le besoin d'en écrire un autre... Non mais, est-ce possible de se taire un peu? Êtes-vous tellement si seules au monde pour souffrir d'une telle diarrhée verbale? Êtes-vous capables de voir qu'autour de vous, il y a des gens? Pouvez-vous retrouver un peu de sensibilité lorsque le silence est requis? Ben non, faut vomir des platitudes et déranger. Oui, déranger. Parce que probablement, vous manquez d'attention. Alors, lorsque vous sortez, vous ne portez plus à terre, vous parlez, parlez, parlez. J'ai parfois même l'impression que vous ne vous rendez même pas compte que vous parlez. Même pas. Puis en face de vous, vos amis ne disent rien. Ils se taisent. Vous vous fichez bien de ce que les personnes avec vous ont à dire. Votre but est de parler de vous et seulement de vous.

Avez-vous déjà écouté?

L'autre est parfois passionnant. Mais comment faites-vous pour le savoir si vous avez toujours quelque chose à dire?

Et vous qui me lisez présentement, vous vous demandez certainement de qui je parle. Eh bien je parle de ceux qui dérangent. Tiens, je vais vous en citer une couple.

L'autre jour, mon cher et moi marchions au Parc Régional de Longueuil. Il était environ 19h00. C'était tranquille. Une belle soirée calme mais un peu pluvieuse. Donc, il n'y avait pas beaucoup de gens. Et là, tout droit devant, au petit lac, il était là. Dans toute sa splendeur. Il était là, bien droit, bien immobile. Le héron. Le beau gigantesque héron. Et de l'autre côté du lac, il y avait cette belle famille: l'homme à la caméra, la femme et les enfants aussi figés que le volatile. Nous nous sommes arrêtés. Quelle scène! La communion entre l'oiseau et la famille. Magnifique moment. Le silence. Que c'était beau de voir ces petits enfants aussi sensibles et respectueux envers le bel oiseau! Que c'était beau!

Mais non! Elle est arrivée, la matante, avec le mononcle et le beau-frère. Elle a craché tout droit devant: " Ouin! Yé pas clair, clair, le lac!"

PPPSSSSHSHSHSHSHSHHSHSH........................ Le majestueux oiseau a pris peur, saisi par le son stident de la voix de l'épaisse et il s'est envolé.

Peux-tu la fermer, ta margoulette???????????????? Va jouer au bingo si tu veux socialiser, mais laisse les gens en paix, EN PAIX!

Puis cette autre fois, lors de mon anniversaire de mariage avec le très cher. Nous sommes sortis pour manger tranquillement dans le quartier. Chez Oliveto. Vous connaissez? C'est mignon, tout discret, tout beau, tout gentil. Là, il y avait Jean Béliveau et sa femme. Nous les avons salués et avons pris place juste là, proche de la fenêtre arrière, aux côtés d'elles. Un groupe de 8 matantes. Ça criait, ça hurlait, ça s'énarvait, ça prenait tout le plancher. Ça sortait! Donc, ça devait se faire remarquer.

Viarge! Allez à la Casa Grecque si vous voulez faire le party. Ou bien au Buffet Kirin, ou chez Jack Astor's ou au 281, mais sacrez-nous patience! On en n'a rien à foutre de votre recette de gâteau aux carottes ou bien de l'arthrite de votre belle-soeur ou bien de votre dernier voyage en République. On s'en sacre!

Nous avons demandé de changer de place. On nous a offert une table en avant du resto et les deux couples qui étaient à nos côtés nous ont raconté avoir vécu la même chose que nous. Ces matantes manquaient totalement de savoir-vivre et de classe. Il ne manquait que le:

Et glou, et glou, et glou, et glou.... Elle est des nôôôôôôttttrrrreeesss,,,, elle a bu son verre comme les auauauauaauuatttrrrreessss....

Continuez de rrrrouler vos RRRRR mais de grâce, un peu de respect.......


Vous les reconnaissez certainement. Je ne veux pas cracher sur elles. J'aurai leur âge dans une vingtaine d'année. Ma mère fait partie de cette génération mais au contraire, elle n'a jamais agi de la sorte. D'une discrétion....

Je parle de ces femmes qui ont oublié... Non pas qu'elles souffrent d'Alzheimer. Non. Je parle de celles qui ont oublié qu'il y a tout un monde autour.

J'aurais pu mettre ce message au masculin puisque le masculin l'emporte. Les gars qui pensent obtenir le pouvoir en conduisant comme des malades m'irritent tout autant. Mais ce sera pour un prochain billet.
Je parle de nous, les femmes.

Il faudrait vraiment, mais vraiment apprendre parfois à se taire.....

Le silence est tellement riche..........Tellement.......

dimanche, juin 08, 2008

Les bons enfants


Hier, je suis allée souper chez ma précieuse amie ML. Avec elle, c'est l'hilarité constante. Que j'aime cette personne! Et j'ai la chance de travailler avec elle, en plus. Une passionnée. Une flyée. Adorable.
Donc hier, j'étais conviée à un repas gastronomique de 9 services (oui, vous avez bien lu, 9 services) réalisé par un chef à la maison qui est aussi un extraordinaire collègue. ML demeure dans une vieille maison de sorcière dans le vieux St-Lambert, une maison qui dégage la même énergie qu'elle. On s'y sent bien, on s'amuse, on rit aux éclats, on vit la soirée et la houle qui l'accompagne. J'y ai rencontré des gens charmants, ses amis que je ne connaissais pas. Mon chéri ne connaissait personne non plus. Il a aisément pris sa place et on l'a accueilli chaleureusement, avec humour. Vous savez, ce genre de soirée sur une terrasse pendant laquelle on rit, on rit, on rit. On parle, on s'amuse. Et, le plus important: aucune prétention. Aucune. Pas le genre de conversation de frappés mettant leur cash sur la table pour épater la galerie. Rien de cela là-bas. Du rire, du plaisir, de la bouffe à se garocher par terre, du vin à profusion, des espiègleries. La vie.
Nous sommes arrivés là à 17h00 et avons regardé notre montre à 2h00 du matin. Le temps avait disparu. La vie était trop belle.

Vous savez, ML et F ont deux beaux garçons de 11 et 5 ans. Un autre couple présent était accompagné de leur fils de 6 ans. Les trois garçons ont joué à l'extérieur avant le souper. Ensuite, on leur a donné des sous et le plus vieux a amené les plus jeunes chez Subway. Ils sont revenus, ils se sont installés dans le boudoir, ils n'ont jamais demandé à leurs parents de prendre la responsabilité du souper, ils ont mangé calmement, sans nous. Ayant perdu toute trace des jeunes, je suis allée voir, espionner ce qui se passait dans le haut côté. Ils étaient installés, mangeaient en silence, sans aucune préoccupation. Le petit de 5 ans portait fièrement un sac de papier sur la tête, en guise de chapeau de cuisinier. C'était tellement drôle! Pas de crise de petit roi voulant vivre la même chose que les parents. Des enfants occupant leur monde et laissant les adultes dans le leur.

Plus tard, alors que nous réinventions le monde avec nos coupes de vin sur la terrasse, nous avons vu le trio courir dans l'allée de fleurs, ouvrir la fenêtre du premier étage et pénétrer à l'intérieur de la maison par la fenêtre. À tour de rôle, les jeunes relevaient le défi de grimper à la hauteur de la fenêtre, de se glisser à l'intérieur, laissant comme vision des pieds pendant à l'extérieur. On aurait dit une scène d'une autre époque, scène du même environnement que dans le film To Kill a Mockingbird. Des pieds d'enfants qui sortent de la fenêtre. heheheheh..
Puis plus tard, alors que seulement les lanternes du jardin nous offraient une lueur, les enfants avaient disparu. Ils étaient couchés.

J'ai fait remarquer à ML à quel point ses enfants avaient l'air heureux, savaient profiter du temps, s'amuser à l'extérieur de leurs parents. Même chose pour le petit invité. ML et MF sont des femmes dans la quarantaine comme moi. C'est alors que nous avons parlé de cette nouvelle mode des jeunes parents qui est celle de vouloir tout vivre avec les enfants. Nous sommes contre cette façon de faire. Mes parents ne se sont jamais occupés de moi lorsque nous étions en visite. Nous organisions le temps sans nos parents. Même chose pour bien des heures dans la journée. Nous étions responsables de gérer le temps à notre façon. Maintenant, je vois souvent des parents qui ont perdu leur espace personnel. Ils ont délaissé le leur pour celui de fiston ou fillette. Ils s'amusent et organisent le temps des jeunes. Et ces jeunes ne développent pas d'autonomie. Je n'ai rien contre le fait de vivre des moments avec les enfants. Ce sont des instants très importants et précieux. Mais il y a des limites. Lors de soirées entre amis, ces enfants qui sont dirigés par des parents envahissants tournent autour des parents, exigent l'attention, aucune conversation entre adultes n'est possible. L'enfant est roi. Excusez-moi, mes enfants sont mes princesses. Mais lorsque je suis avec des amis, elles me laissent avec mes amis. Et elles vivent leur vie sans déchirement et sans panique. Lorsqu'elles étaient toutes petites, on m'a souvent interrogée sur le fait que mes enfants savaient s'organiser toutes seules et s'amuser toutes seules. On me demandait comment je faisais. Je n'ai jamais su quoi répondre. Je leur ai laissé leur vie, probablement. Je n'ai pas considéré leur vie comme étant la mienne, probablement. Je ne sais pas. J'ai vu la même chose chez mon amie ML et chez sa copine MF. J'ai vu des enfants heureux et libres. Et des parents heureux et ouverts sur les autres.

Non, ce n'est pas un billet accusateur. C'est juste que parfois, je sens vraiment le besoin de dire aux gens de laisser leurs enfants tranquilles. Ce que j'ai vu hier était pure beauté.

vendredi, mai 23, 2008

Mes plaisirs



Je viens de lire le plus récent billet de Grande Dame. Je ne voulais pas écrire mes propres plaisirs dans ses commentaires car j'aurais eu l'impression de les cacher un peu. Mes plaisirs sont sacrés, tout comme les vôtres probablement. Ainsi, en empruntant la merveilleuse idée de Grande Dame, je les inscris ici car ils contribuent à mon bonheur.

Tous les soirs, lorsque je me glisse sous les draps aux côtés de l'homme qui partage ma vie depuis si longtemps et que je sens que la journée s'achève. Un rituel qu'il est difficile de quitter lorsqu'il part en voyage. Sa chaleur, son odeur, sa simple présence. Souvent, nous ne nous disons pas un seul mot, nous sommes là, comme le plus vieux des vieux couples: lui, à lire ses bouquins d'histoire et moi, à lire mon choix du moment.

Les heures en compagnie de mes filles devant la télé, à rire, emmitouflées dans les grosses couvertures pour écouter des reportages ou de simples niaiseries à la télé. Lon d'être une perte de temps, c'est l'heure du thé vert, des échanges concernant les brillantes idées que nous renvoie l'écran ou bien les pires platitudes.

La marche dominicale. Nous partons après le lunch et nous marchons une bonne partie de l'après-midi. Parfois, on va sur le mont Royal, parfois, on va à St-Lambert, parfois, on reste ici, dans le Vieux-Longueuil. Et c'est le traditionnel arrêt dans un café pour bavarder.

Mon quotidien avec ma précieuse amie C. Je travaille avec elle depuis plusieurs années, elle est devenue ma grande amie et je la considère comme faisant partie de ce que j'ai de plus précieux. Je chemine avec elle, je me confie à elle, je travaille avec elle, je ris avec elle, je m'étonne avec elle, je suis une meilleure personne grâce à elle. Nous menons plusieurs combats qui sont les mêmes et c'est un privilège de pouvoir affronter les tempêtes à ses côtés.

Le gym du samedi matin en compagnie de ma copine ML. À 7h30, chaque samedi, je prends l'auto, je me dirige chez elle à St-Lambert, elle entre dans le véhicule et là, on rit, on rit, on rit, on s'éclate. Parfois, c'est tellement épouvantable que je risque la collision. Nous arrivons au gym en pleurant de rire, nous courons pour avoir deux machines voisines, nous continuons le bavardage jusqu'à 8h30, elle reste dans la salle d'entraînement et je me dirige vers le cours de spinning. À 9h15, nous nous retrouvons, nous continuons de rire jusque chez elle, j'arrête le moteur, nous continuons l'hilarité hebdomadaire et je la quitte. ML travaille à la même école que moi la semaine mais nous nous voyons rarement. Donc, on s'éclate le samedi matin.

Mes moments de solitude à la base de plein air de Longueuil ou bien sur mon gros fauteuil de cuir usé dans mon salon, les pieds sur le pouf à méditer ou à lire. Décrocher. Ne penser à rien. À la base, regarder les cerfs sans bouger, le petit raton aussi, ou les marmottes ou les canards ou les oiseaux. Marcher et être là tout simplement. Je préfère particulièrement y aller les jours de pluie. Il n'y a personne. Je savoure toute cette beauté égoïstement.

Ouvrir la porte de la maison de mes parents et me retrouver devant le sourire ravi des hôtes, heureux de recevoir leurs enfants. Ce sourire, cette odeur, les fleurs du parterre arrière, la balançoire, l'armoire à bonbons. Ce sourire...

Mes précieuses et rares rencontres avec mon amie T qui demeure à Bonaventure. Je la vois rarement et je l'aime beaucoup.

Le resto du vendredi soir. Nous relaxons le vendredi. Nous sortons. Nous allons dans un petit boui-boui, nous ouvrons la bouteille de vin et nous bavardons. Lorsque nous sommes tous les quatre, c'est merveilleux!

Recevoir un commentaire touchant des élèves. Sentir que j'ai fait une différence dans leur vie. Rire avec eux, voir l'étincelle illuminer leurs yeux lorsque le déclic se fait. Les voir renversés par une lecture, recevoir leurs commentaires remplis d'étonnement et de stupéfaction. Les entendre dire qu'ils ont adoré le livre que je leur ai proposé, les voir sauter dans les airs lorsqu'ils reçoivent un bon résultat. Les revoir, des années plus tard, et les entendre me dire merci.


Constater que je n'ai plus de trouble alimentaire. Réaliser que j'ai fait un sacré bon choix en abandonnant les régimes et en choisissant de creuser pour me comprendre. Constater que je suis autre chose qu'un chiffre sur un pèse-personne. Réaliser que maintenant, je peux nommer mes réels bonheurs car je les vis.

Voir surgir le printemps. Voir poindre l'automne. Voir s'installer l'hiver. L'été, il fait trop chaud et mon quartier est trop achalandé.

Écouter ceci.

Ou encore, cela.

Sans oublier cette dernière qui m'a ouvert l'esprit lorsque j'avais à peine 10 ans. J'ai aimé le cinéma grâce à Alexandre, ce bienheureux dont je suis tombée profondément amoureuse... Ce Philippe.....





Voir loin. Avoir des projets, des rêves et en faire des intentions. Planifier en secret. Ne rien dire. Pour étonner. Pour surprendre et surtout, pour faire plaisir...

vendredi, mai 16, 2008

Pour répondre à Zed


Il y a quelque temps, Zed m'a demandé d'écrire un billet pour dénoncer l'homophobie. Je n'ai pas eu le temps alors, j'ai attendu. Entre temps, j'ai pensé à la façon de composer ce billet. Je ne sais toujours pas. Je vais y aller spontanément.

Chaque jour, j'enseigne à des élèves homosexuels. Aussi, j'ai des amis et amies homosexuels. Et ce, depuis plus de 25 ans. Pour moi, je ne vois pas pourquoi on devrait se rouler par terre pour revendiquer des droits qui sont, pour moi, les mêmes que les miens. Parce que ces personnes, je les aime. Et beaucoup. Donc, je n'ai pas à faire pleurer le Québec au complet en racontant leur histoire. Ça ne changera rien. Plus je vieillis, plus je constate que même en se roulant par terre, en hurlant ou en criant, on ne changera rien aux esprits bornés qui condamnent, qui s'opposent et qui jugent ce qu'ils ne connaissent pas. On voit souvent des vieux mononcles le bras dans les airs faire la leçon à ceux qui connaissent un univers qui leur est totalement étranger. J'ignore ces personnes qui font la leçon sans connaître. Ça ne donne absolument rien. Je n'ai pas d'énergie à dépenser à les convaincre de quelque chose qu'ils ne comprendront jamais.
Avez-vous déjà connu des vieux mononcles habillés en Fortrel décriant et condamnant le Woman's Lib??? Ahahahhahaha!!! Mon chum sait comment me faire rire. Il n'a qu'à sortir cette expression: le Woman's Lib. Je me roule par terre à rire. Car je reconnais ces hommes qui se sont fait servir toute leur vie et qui ont condamné les femmes qui voulaient se "libérer" en faisant autre chose que les torcher. Ah! que c'était difficile à accepter pour Anatole et Ernest que de voir Marguerite et Constance ne plus ramper par terre pour faire leurs quatre volontés. Le Woman's Lib. ahahahhahaha.....

Clamer haut et fort l'homophobie est pour moi du même niveau que revendiquer le droit des femmes. C'est la même lutte. Et moi, je ne lutte plus car j'ai intégré les deux. Je n'ai jamais lutté pour mes droits devant mon conjoint. Nous avons les mêmes. Je n'ai jamais lutté pour faire accepter mes amis homosexuels dans ma famille car j'ai toujours considéré l'orientation sexuelle comme faisant partie de l'identité donc, nullement contestable. Ça ne m'appartient pas et je n'ai jamais voulu résister devant le choix de vie des autres.
Je n'ai jamais questionné ma propre orientation sexuelle. Il est clair que pour moi, il n'y a rien de plus attirant qu'un bel homme qui s'assume et qui assume son côté Homme. Ce n'est même pas une question de choix, c'est viscéral. Alors je ne comprends pas pourquoi je devrais juger les gens qui ont d'autres attirances que les miennes. Ça ne m'appartient pas et j'ai d'autres chats à fouetter.
Par contre, je sais que ce n'est pas toujours facile lorsqu'on ne fait pas partie de la majorité. Alors, parce que j'aime mes amis, j'offre ce que j'ai, ma présence, lorsqu'ils en ont besoin. Ce sont de très bonnes personnes et je n'ai pas à défendre leur identité, pas plus que je n'ai à le faire pour tous les hétérosexuels de ma connaissance qui triment dur et qui rencontrent l'adversité dans un domaine ou un autre de leur vie. En ce sens, je ne vous raconterai rien de la vie de ces êtres chers que j'aime tant et qui partagent leur vie avec une personne du même sexe qu'eux.
Je ne vois pas l'intérêt de vous parler de la rencontre de Matante X et Mononcle Y, pas plus que de Chum V et Chummette W. Donc, c'est la même chose pour Copain L et Copain P et Copine M et Copine D.
Oh! Peut-être une chose. Un jour, il y a environ 10 ans, mon grand ami L est arrivé ici, après quelques années d'absence et il a dû se présenter à mes filles. Elles ne le connaissaient pas. Il s'est placé droit devant elles, du haut de ses 6 pieds 2 pouces et il a dit en les regardant droit dans les yeux:

-Bonjour les filles! Je me présente, je suis L. Je suis l'ami de votre mère et de votre père et je suis homosexuel. Avez-vous des questions?

Les filles l'ont regardé, ont souri et n'ont posé aucune question.
À partir de ce jour, l'homosexualité est entrée dans notre maison par la porte d'à côté et a été considérée comme étant un aspect de la vie de certaines personnes, point à la ligne.

Rien de plus.

Je remarque que les élèves de l'école assumant le mieux leur orientation sexuelle différente sont ceux qui se font le moins écraser par les autres. J'ai rencontré la mère d'un de ces élèves. Une chouette femme. Un fils très, très "assumé". On a besoin de ces jeunes dans les écoles secondaires. Pour aider ceux qui se font rejeter par leurs parents et par l'entourage. Parce que dans des situations de rejet, c'est infernal.
J'ai vu un excellent élève qui a voulu se suicider lorsqu'il a dû accepter le fait d'être homosexuel. Il ne le prenait pas. Il ne l'acceptait pas. C'était hors de sa "planification" de vie. C'était hors des attentes de ses parents. Porter atteinte à leur image. Au paraître.
Il a grandi. Il a appris. Il s'est libéré. Pour son propre bonheur et pour vivre sa vie. En dehors des attentes des autres. Il se sent bien maintenant.

Oh! Ce soir, en ce long congé, nous sommes allés souper chez Eduardo sur Duluth. Petit resto pas cher que nous fréquentons depuis plus de 25 ans lorsque nous ne voulons pas cuisiner et que nous ne voulons pas dépenser. Par contre, il est interdit de prendre du dessert à cet endroit. Pourquoi? Parce que nous nous dirigeons sur St-Denis tout de suite après chez Suite 88 pour vivre l'extase chocolatée. LE chocolat chaud sublime et indescriptible en saveur, en onctuosité et en arôme... Ahhhhhhh..................

Michel Tremblay y était.............. Et j'ai fait, en le regardant:

-Ohhhhhhhhhh!!!!!!!! Non, Non, Non... Je ne vous parlerai pas, je ne vous dérangerai pas.

Il m'a regardée, il a souri, il a choisi ses petits chocolats et il est sorti.

Puis il m'impressionnera toujours.