Je reprends la plume virtuelle pour toi, cher ami. Je te remercie pour tes écrits, pour le partage généreux de ton quotidien. Ton courage et ta force m'inspireront toujours.
J'offre toutes mes bonnes pensées à ton épouse et à tes petites ainsi qu'à tous les tiens. Une pensée toute spéciale à ton ami L'En Saignant.
Lors de la fête de Grand'Mom samedi soir dernier, j'ai vécu un grand moment. Grand'Mom a eu 70 ans donc, nous voulions souligner d'une façon spéciale l'événement. Ma soeur a eu l'idée de réserver une table au restaurant espagnol Casa Galicia sur St-Denis. Je vous suggère cet endroit si vous ne le connaissez pas déjà. La nourriture est savoureuse, le service est impeccable et l'endroit nous apporte la douce chaleur ibérique en ce frisquet février neigeux.
Voici donc qu'après deux verres de vin, trois entrées et multiples sujets exploités les uns après les autres, les jolies danseuses de Flamenco se sont avancées sur la piste de danse juste devant nous. Chance inouïe d'être placés dans la première loge... Le guitariste a discrètement entamé des pièces espagnoles et le seul son de son instrument nous a transportés là, dans cette Espagne imaginaire que nous voudrions bien rendre réelle en voyant tomber les flocons sur la rue St-Denis... Mais elles. Elles! Ces femmes! Deux belles Espagnoles ont dansé sous l'envoûtement de la guitare et nous ont littéralement charmés par leur sensualité, leur présence, leur sensibilité et leur passion. Quelle grande beauté! Et cette splendeur mettait en scène deux très jolies femmes RONDES. Oui, RONDES. Une d'entre elles était même très RONDE. Était-elle moins attirante? Était-elle moins sensuelle? Était-elle moins désirable? Jamais de la vie! Tous les regards étaient hypnotisés par les mouvements de son corps, par l'aisance avec laquelle elle vivait la musique, par l'expression même de cette silhouette habitée par la guitare du bellâtre. Elle était admirée, elle était applaudie, elle était la beauté même. Je remercie cette déesse qui, grâce à son travail, apaise tant de femmes en étant un modèle de féminité parfaitement désirable malgré ses livres en trop. Cette réconciliation est nécessaire en Amérique de Nord alors que la guerre aux kilos est un réel couperet cruel sur la féminité. En bougeant de la sorte, elle dégageait la santé pure, la totale maîtrise du corps et le symbole d'un entraînement certain. Cette magnifique personne était loin de représenter la grosse masse immobile et inerte qui passe ses soirées à manger et à trouver mille excuses de ne pas bouger. Non! En la regardant vibrer sous la musique, je sentais la parfaite harmonie entre l'esprit et le corps de cette Espagnole. Elle habitait son corps avec un plaisir tel qu'elle nous donnait envie d'habiter le nôtre de la même façon. Pour moi, c'est la vraie définition de la beauté.
J'ai écouté le film Ben-X avec mes élèves. Je pense avoir pris la bonne décision. J'hésitais.... Je suis allée voir le psychologue de l'école, juste pour m'assurer que les élèves étaient capables de prendre toute la surcharge émotionnelle de ce film. Il m'a dit d'y aller, de ne pas hésiter. J'ai osé. Mes élèves ont été profondément bouleversés. Tous... Sans exception.... Les discussions qui ont suivi le visionnement étaient lourdement chargées de révolte, de questionnement, de liens avec leur propre vie.... Quel magnifique film!!! Je suis contente d'avoir pu causer une telle réaction collective... Pour tous ces jeunes différents qui sont victimes de la masse "normale"....
Avez-vous Rose Sang de Catherine Major? J'use ce CD. Quelle fantastique artiste! La voix humaine est un pur chef-d'oeuvre. J'en fais une prière.
Je ne pourrais quitter sans vous donner des nouvelles de mon Grand Blond. Oh!!! Well!!!! Grand Blond n'a pas gagné de points cette semaine mais, par contre, il a récupéré par la suite.
Puisque nous sommes en fin d'étape, la broue dans l'toupet, il y a des situations d'évaluation réalisées en salle de classe et c'est bien sur un ton très tranchant que j'ai dit aux élèves que je ne tolérerais pas un seul retard pendant la semaine qui vient de se terminer, question de laisser à tous la chance de prendre le temps de réaliser les examens.
Voici donc que l'Grand Blond a frappé à la porte de ma classe à 12h10 minutes exactement alors que la période commençait à 11h45. En ouvrant la porte, j'ai dit sur un ton outré, agrandissant mes yeux le plus possible:
-Grand Blond! Qu'est-ce que tu fais là? Il est 12h10! Tu sais que tu as un examen!!!!
Le principal concerné, de toute sa blondeur et de ses yeux plusbleus que le ciel, rouge comme une tomate de rétorquer:
-J'étais avec un trou du cul, Madame....
-HEIN???? QU'EST-CE QUE TU VIENS DE DIRE??????????
Grand Blond s'est avancé avec ses 6 pieds 2 pouces devant la classe, a regardé les élèves qui perlaient de sueur devant leur situation d'évaluation et a insisté bien clairement sur chaque mot:
- Je. Vous. Le. Répète. Madame. J'étais. Avec. Un. Trou. De. Cul.
J'ai contourné mon bureau, j'ai pris place droit devant lui, du haut de mes 5 pieds 4 pouces, j'ai élargi les yeux , j'ai fixé ses prunelles, j'ai levé le bras et sans dire un mot, j'ai pointé la porte.
Grand Blond a fait un tour complet sur place, a fermé les poings très fortement, a respiré tel un taureau, on voyait presque la vapeur sortir de ses narines en même temps que les poings serrés et il a sacré l'camp.
Après le cours, en 3 secondes, j'ai trouvé l'individu qu'il qualifiait de vous-savez-quoi. Il s'agit du prof qui a comme tâche complémentaire d'être encadreur d'élèves qui sèchent leurs cours ou qui oublient leur motivation d'absence. C'était bien avec lui que Grand Blond était. Pour faire une histoire courte, ma directrice efficace a suspendu l'Grand Blond une journée, ce dernier est revenu avec une lettre d'excuses pour le prof encadreur et aussi, avec un désir de parler avec lui. Le prof encadreur est venu me voir pour me dire à quel point il avait adoré sa rencontre avec le G.B. Ce dernier a sincèrement admis avoir agi en con, a expliqué au prof son désir de vouloir améliorer son côté Bombe Hiroshima et a manifestement analysé la situation comme étant le coupable de tout et n'a surtout pas essayé de se justifier ou de rendre l'autre responsable.
C'est bien ce que j'aime de ce garçon. Il a une parfaite conscience de ses erreurs et aussi de qui il est, même si ce qu'il est peut sembler souvent inacceptable. Il pourrait donner une leçon à bien des adultes....
Non, non. Je ne parlerai pas de Lola et du Phoque qui fait tourner des ballons sur son nez. Non. Franchement.................
Jeudi prochain, ce sera ma fête. J'ai décidé d'orner mon blogue pour l'occasion. Cette belle création d'Amy Rice me ravit. Tout comme vous probablement, je m'épuise à essayer de rendre les anniversaires de mes proches mémorables, uniques et planifiés avec toute la cérémonie associée au moment. Mais là, en arrivant sur mon blogue chaque jour, j'aurai l'impression d'avoir posé un geste uniquement envers moi-même.
Je vous ai déjà parlé de Grand Blond ici. Il est toujours fidèle à lui-même. Parfois tendre, parfois dur, parfois détaché, parfois attentif, parfois macho, parfois ordinairement humain, bref, un Grand Blond dans toutes les fluctuations d'une vie ordinaire d'adolescent sensible, d'un élève ordinaire, d'une banlieue ordinaire, d'une classe ordinaire.
Nous sommes au début du mois de décembre. La Souimi a beaucoup de correction, elle ramasse des projets, elle les empile et elle offre une stratégie motivationnelle très ordinaire à ses chers élèves. Chacun d'entre eux remettant le projet et satisfaisant La Souimi avec une prose agréable et vivante recevra un magnifique collant de Noël provenant directement du Dollarama.
Il faut voir les éléves se garocher. Il faut voir les prétextes inventés pour obtenir le petit collant brillant pour bien d'autres raisons que le travail bien fait. Ça négocie. Ça argumente. Ça invente. Ça fabule. La Souimi proteste. La Souimi sourit. La Souimi cède. La Souimi détache les petits carrés multicolores du carton d'un dollar et elle colle l'objet de désir sur les agendas, sur le t-shirt, sur le cahier, sur la feuille, sur le coffre à crayons. Bref, La Souimi suit le courant de Noël.
Il fallait voir les grands ouvrir les yeux lorsque La Souimi a sorti sa boîte contenant un sapin artificiel et deux gros sacs du Dollarama remplis de décorations pour le conifère écréanché. Le regard lorsque tout fut fini et que La Souimi a branché la connection dans la prise. Les yeux brillants. Ils ont 15-16 ans...
-Vous avez tellement une belle classe, Madame Souimi!
-Il est magnifique, votre sapin, Madame Souimi!
- Est-ce que vous allez mettre des cadeaux sous le sapin, Madame Souimi?
- Il neige dans votre classe, Madame Souimi, c'est très beau!J'ai de faux flocons accrochés à du fil de nylon.
- Madame, vous avez oublié d'allumer le sapin. Est-ce que je peux le faire?
Puis le voilà, lui, le Grand Blond. Pendant qu'on se dispute le choix du collant pour l'agenda ou pour le cahier, il se lève. Il avance. Il se dirige tout droit vers mon bureau. Il se penche. Il relève la manche de son chandail. Il laisse paraître un ÉNORME muscle gonflé, des biceps aussi gros qu'un pamplemousse. Avec ses yeux bleus, il me fixe du regard, il prend cet air dur et suffisant, il pose rudement son coude sur mon bureau, juste là, à ma droite, il contracte le muscle du bras pour le rendre plus énorme, il me fixe droit dans les yeux et dit d'un ton convaincu et certain en pointant le muscle avec fierté:
- Moé, c'est là que j'le veux, le collant du Père Nowelll, M'amm. Juste là. Puis j'veux ce collant-là, celui du Père Nowell avec le petit toutou. Là!
J'ai pris Père-Noël-et-toutou et je l'ai collé sur le bras de Grand Blond.
Il est sorti du local une manche retroussée, montrant fièrement la naïveté de Noël.
Ça arrive. Je ne me sens pas disponible pour écrire ces temps-ci. Donc, je n'écris pas. J'ai fait un magnifique voyage à New York, je suis allée au congrès de l'AQPF, j'ai eu des réunions de parents à l'école, j'ai débuté la course de la période des Fêtes, j'ai corrigé comme une vraie malade et,,,,je suis tombée malade. Une vilaine grippe qui ne semble pas vouloir guérir.
Mais il faut garder le sourire, il ne faut surtout pas ralentir. Il y a une catégorie de personnes qui n'a pas ce privilège...
Je suis allée voter par anticipation aujourd'hui. Habitant dans un quartier rempli de personnes âgées, c'est à croire qu'elles ont toutes eu la même idée que moi. Donc, c'est dans un mini centre des loisirs du quartier que nous devions remplir notre devoir de citoyens. J'ai été scandalisée! Inhumain! La moyenne d'âge des gens attendant en file était bien de 92 ans. Tout ce beau monde devait monter et descendre des escaliers, attendre, attendre, attendre debout, sans chaises à leur disposition, incroyable! Quel manque de respect pour les aînés! J'ai porté plainte. Des petits vieux en marchette dans des escaliers, c'est inacceptable! Quel fichu beau portrait de société! Votons!!! PPPffffff.............................
Tiens, je vous laisse sur cette magnifique image pour débuter le mois de décembre dans l'ambiance! Père Noël aurait dû aller voter avec sa marchette. Il n'aurait pas attendu en file, j'en suis certaine... Et je vous invite au parc St.Mark du Vieux-Longueuil. À partir du 5 décembre, il y aura le Marché de Noël. C'est de toute beauté! On y retrouve des jolies petites maisonnettes de bois cachant les oeuvres de plusieurs artisans québécois. On peut y acheter de jolis cadeaux. Puis, l'atmosphère est superbe! Du chocolat chaud, des chorales en plein air, un VRAI Père Noël etc. C'est féérique!
L'image du titre et celle de mon profil ont été créées par Amy Rice, une artiste que j'admire beaucoup.
Si j'écris, c'est sans doute parce que je trouve que c'est important. Mais vous savez, il ne faut pas se sentir obligé de lire! C'est comme un livre. Je n'ai jamais compris pourquoi on s'entête souvent à terminer une lecture qui nous ennuie. Si mes propos vous intéressent ou vous amusent, tant mieux!