vendredi, mai 02, 2008

Le pouvoir de l'anti-régime, le pouvoir sur soi


Parfois, on vit des expériences qui sont difficiles à décrire. Depuis une semaine, j'essaie de trouver les mots pour vous raconter mon escapade en Estrie. Cependant, j'ai l'impression que mon humble témoignage ne rendra pas justice à la valeur de ce séjour si précieux. Essayons, tout de même...

Pour ceux qui ne le savent pas, j'ai dit adieu aux régimes et diètes à la con il y a un an. Vous pouvez assister à mon départ officiel et définitif du royaume de la folie en allant lire ceci. Depuis, je vis une merveilleuse aventure. Celle du respect envers moi-même. Parce que si vous avez déjà vécu la prison du désir de maigrir, vous comprendrez certainement la violence sans pitié qui nous habite en période de lutte CONTRE soi-même. Refuser d'être ce que l'on est. Désirer habiter un autre corps. Regarder les belles silhouettes sur le trottoir et mourir de honte en s'imaginant immense, flasque et pas regardable. Et la roue tourne... La privation, la haine, la frustration, la colère, l'obsession, la rage, la compulsion, le jeûne, la torture. La voix, la voix, la voix. Cette petite voix qui habite notre corps, cette voix qui ne cesse de camoufler ce que l'on est vraiment. Parce qu'on refuse de voir qui on est vraiment. Comment faire pour connaître cette personne qui est soi? En épluchant tranquillement l'oignon. On apprend à faire la paix avec notre histoire et avec le passé. Et après, on laisse le passé dans le passé. On l'a vu, on l'a compris, on n'en veut plus. Mais ça, ça prend du temps. Et de nos jours, il est difficile de prendre du temps. On veut tout, tout de suite.

J'étais tellement écoeurée, il y a un an, que j'ai décidé d'abandonner ce combat illusoire: celui de refuser d'être. J'ai lu le livre Mangez! J'ai eu l'impression que l'auteure, Guylaine Guèvremont, me connaissait personnellement. Ses propos étaient les mêmes que les miens. Elle semblait tellement COMPRENDRE. Parce que ne nous leurrons pas, nous savons que souvent, les nutritionnistes, les généralistes, les éducateurs physiques, les animatrices de Mince-Ceci, Mince-Cela, W-Ceci, W-Cela encouragent la R.É.S.I.S.T.A.N.C.E.

Et on crée ce à quoi on résiste.

Alors, on devient G.R.O.S.S.E.

Je n'étais pas grosse lorsque j'ai fait mes premiers régimes. Tiens, je vais vous le dire: lors d'un de mes premiers vrais régimes à l'âge de 18 ans alors que j'étais au cégep et que je me trouvais la fesse un peu dodue ( je mesurais 5 pieds 4 pouces et je pesais 127 livres), je suis allée voir un doc. Oui, un vrai docteur. Il m'a donné des protéines liquides, il m'a sacré des injections dans les cuisses chaque semaine, et il m'a ordonné de manger 500 calories par jour. J'ai maigri. Je pesais 117 livres. J'étais affamée. Et le reste appartient à l'histoire du yoyo. Sans compter les périodes d'anorexie-boulimie. L'extrême violence...

Lutter, lutter, lutter. Être contre, ne pas vouloir être soi.

Il y a un an, j'ai décidé que je ne luttais plus. Je ne lutte plus. J'ai épluché l'oignon couche par couche en thérapie. Et là, j'arrive de ce merveilleux week-end. Une fin de semaine en compagnie d'une quinzaine de femmes ayant vécu le même enfer que moi et émergeant depuis. Des femmes qui ont décidé que c'en était assez. Ce fut une intense célébration de la beauté. Parce que j'ai rencontré de très belles femmes qui parlaient avec leur coeur. Nous avons ri, mangé, bavardé, pris du soleil, marché, médité, célébré notre authenticité. C'était un réel plaisir de rencontrer des adeptes de l'anti-régime et de partager notre vécu, nos victoires, nos craintes, nos vies. C'était un vrai bonheur d'être entourées de professionnelles provenant de plusieurs champs d'action : Guylaine et Marie-Josée, les nutritionnistes, Marianick, la psychothérapeute, Nathalie la coach en relaxation et Mirah, la chef cuisinière.

De plus, j'ai eu la chance de vivre ce moment avec la magnifique petite Vertige. Quelle belle, belle jeune femme! Honnêtement, je l'adopterais. Nous avons voyagé ensemble, la rencontre officielle a eu lieu au Mc Do du métro Longueuil. Nous nous sommes reconnues tout de suite. Là-bas, nous avons partagé la même chambre, nous avons passé de longs moments dans le spa. Même le deuxième soir, épuisées, nous parlions, parlions, parlions dans la chambre, sans arrêt. Ce fut la même chose lors du trajet du retour. C'est vrai que nous nous connaissions virtuellement. Le fait de se côtoyer pour vrai n'a qu'augmenté les atomes crochus. Mais oui, elle est resplendissante, la petite Vertige. Et quelle force! WOW! Saviez-vous qu'elle a fait Compostelle toute seule? Si jeune... J'ai beaucoup à apprendre d'elle. Merci, Vertige. Je t'apporterai les livres et les CD bientôt. Et Chrystine, et Nadine, et toutes les autres...

Je ne décrirai pas le contenu de la fin de semaine car je sais que plusieurs autres moments de la sorte seront vécus et je ne voudrais pas dévoiler les surprises aux gens qui vivront cette expérience dans le futur. Chose certaine, si vous désirez participer, ne croyez pas que vous serez forcés ou obligés à quoi que ce soit. Puisque la philosophie de l'approche anti-régime est celle de l'écoute des signaux de la faim et de la satiété, il est totalement cohérent de permettre aux participants de choisir. Donc, on n'obéit qu'à une seule personne, à soi. C'est loin des séminaires de lavage de cerveau à l'intérieur desquels des gourous autoritaires qui dirigent tout et n'écoutent rien. C'est l'inverse. Pas de gourou. Des guides qui travaillent avec nous en douceur. C'est ça, en douceur, dans le respect et l'autonomie. On vit la fin de semaine avec la même attitude que celle que nous devrions toujours adopter envers nous-mêmes...

J'ai tourné le dos au cirque infernal des régimes. Je n'en suis que très heureuse et libérée. Vous devez certainement vous demander si j'ai maigri... Faites l'expérience, vous aurez la réponse. Je termine en vous disant que plus JAMAIS je ne percevrai ma propre personne en fonction d'un chiffre sur un pèse-personne. Parce que lorsque je l'ai fait, pendant 35 ans, je suis passée à côté de la vie, de ma vie. C'est fini. Maintenant, je vis. C'est aussi simple que cela. Est-ce que j'ai maigri? Probablement... Peut-être...

10 commentaires:

Miss Patata a dit…

Suite au texte que tu as écris la dernière fois je suis passée à deux cheveux d'y aller, il restait une place! Mais j'ai réfléchi et je n'y suis pas allé, quoique cela semblait hyper bien! J'ai finalement décidé de faire un suivi en individuel. Merci à toi!

souimi a dit…

Miss Patata,
Est-ce que tu rencontres Guylaine ou Marie-Josée?

Marchello a dit…

Bravo Miss Souimi. J'espère que ça vous a fait bien du bien. Ça semble en tout cas. Votre conjoint vous aimes comme vous êtes, n'est ce pas là le vrai bonheur? En plus de vous évidemment.

Moi je me suis brisé l'épaule, une chûte en vélo. Je convalesce, récupère et essaie de guérir.

Ha la santé, quand tu nous tiens.

souimi a dit…

Oui, Marchello, mon conjoint m'aime comme je suis. Il n'a jamais vu l'horreur que je percevais avant. Il n'a jamais souffert de trouble alimentaire non plus et j'ai toujours admiré la totale quiétude entre lui et la bouffe. Il a faim, il mange. Il n'a pas faim, il s'en passe. Et il est franchement séduisant pour un mec frôlant la cinquantaine...

L'épaule. Je peux comprendre. Mon cher s'est cassé le bras en revenant du travail en vélo il y a deux ans. Il a fait une vilaine chute et personne ne l'a aidé. Il est revenu à la maison avec le bras cassé. Il a dû faire de la physiothérapie etc. Soignez-vous bien, Marchello. Pour chevaucher le vélo prochainement et profiter de la belle saison.

Ysa_la_tite_mere a dit…

J'avais hâte de savoir comment tu avais trouvé ton week-end. Ça me touche toujours quand je te lis sur ce sujet. Il semble y avoir tellement de femmes, de filles, de fillettes même au prise avec des troubles alimentaires, ça me rend folle. Je regarde ma douce beauté et je me demande si un jour elle se fera violence comme ça parce que quelqu'un lui aura mis dans la tête qu'elle était grosse. Tsé, à 14-15 ans, je me trouvais grosse... Je pesais environ 95 lb pour 5'4... je ne me suis jamais privée ou mise au régime, mais juste le fait d'avoir vu un bourlet sur mon corps, ça n'avait aucun sens. J'ai toujours porté attention à faire des repas un moment festif, familial, je me dis que c'est déjà un bon point...

souimi a dit…

Oui, Ysa, et aussi, déjà, tu respectes la faim de tes enfants. C'est un gros avantage.Nous, il fallait se fier à la courbe de croissance, à ce qu'il faut manger et quand etc. À mon avis, c'est bien plus important d'être sensible aux signaux de faim et de satiété des enfants plutôt que d'essayer de transformer ça en routine dénaturée et aux conneries de pas d'patates, pas d'desssert.

Anonyme a dit…

Vive les patates et le dessert!!!

J'ai beaucoup apprécié te connaitre en personne, Souimi. (Et pour les autres, soyez jaloux, vous avez raison de l'être! J'ai passé la fin de semaine avec une femme gentille et adorable comme on en voit peu, et quels yeux!!!)

Bonne journée!

Vertige
xx

Miss Patata a dit…

La Souimi: Marie-Josée, j'ai eu ma première rencontre jeudi passé et je la revois demain! :)

souimi a dit…

Oh! C'est intéressant, Miss Patata. J'ai eu le bonheur de connaître Marie-Josée lors de la fin de semaine. Je suis certaine que tu vas aimer la démarche.
Tu m'en donneras des nouvelles.

Christyne a dit…

J'ai également eu le bonheur de rencontrer Marie-Josée lors de cette fin de semaine et je suis, d'ores et déjà, assurée que vous apprécierez plonger dans cette démarche avec elle.