
Il y a quelque temps, Zed m'a demandé d'écrire un billet pour dénoncer l'homophobie. Je n'ai pas eu le temps alors, j'ai attendu. Entre temps, j'ai pensé à la façon de composer ce billet. Je ne sais toujours pas. Je vais y aller spontanément.
Chaque jour, j'enseigne à des élèves homosexuels. Aussi, j'ai des amis et amies homosexuels. Et ce, depuis plus de 25 ans. Pour moi, je ne vois pas pourquoi on devrait se rouler par terre pour revendiquer des droits qui sont, pour moi, les mêmes que les miens. Parce que ces personnes, je les aime. Et beaucoup. Donc, je n'ai pas à faire pleurer le Québec au complet en racontant leur histoire. Ça ne changera rien. Plus je vieillis, plus je constate que même en se roulant par terre, en hurlant ou en criant, on ne changera rien aux esprits bornés qui condamnent, qui s'opposent et qui jugent ce qu'ils ne connaissent pas. On voit souvent des vieux mononcles le bras dans les airs faire la leçon à ceux qui connaissent un univers qui leur est totalement étranger. J'ignore ces personnes qui font la leçon sans connaître. Ça ne donne absolument rien. Je n'ai pas d'énergie à dépenser à les convaincre de quelque chose qu'ils ne comprendront jamais.
Avez-vous déjà connu des vieux mononcles habillés en Fortrel décriant et condamnant le Woman's Lib??? Ahahahhahaha!!! Mon chum sait comment me faire rire. Il n'a qu'à sortir cette expression: le Woman's Lib. Je me roule par terre à rire. Car je reconnais ces hommes qui se sont fait servir toute leur vie et qui ont condamné les femmes qui voulaient se "libérer" en faisant autre chose que les torcher. Ah! que c'était difficile à accepter pour Anatole et Ernest que de voir Marguerite et Constance ne plus ramper par terre pour faire leurs quatre volontés. Le Woman's Lib. ahahahhahaha.....
Clamer haut et fort l'homophobie est pour moi du même niveau que revendiquer le droit des femmes. C'est la même lutte. Et moi, je ne lutte plus car j'ai intégré les deux. Je n'ai jamais lutté pour mes droits devant mon conjoint. Nous avons les mêmes. Je n'ai jamais lutté pour faire accepter mes amis homosexuels dans ma famille car j'ai toujours considéré l'orientation sexuelle comme faisant partie de l'identité donc, nullement contestable. Ça ne m'appartient pas et je n'ai jamais voulu résister devant le choix de vie des autres.
Je n'ai jamais questionné ma propre orientation sexuelle. Il est clair que pour moi, il n'y a rien de plus attirant qu'un bel homme qui s'assume et qui assume son côté Homme. Ce n'est même pas une question de choix, c'est viscéral. Alors je ne comprends pas pourquoi je devrais juger les gens qui ont d'autres attirances que les miennes. Ça ne m'appartient pas et j'ai d'autres chats à fouetter.
Par contre, je sais que ce n'est pas toujours facile lorsqu'on ne fait pas partie de la majorité. Alors, parce que j'aime mes amis, j'offre ce que j'ai, ma présence, lorsqu'ils en ont besoin. Ce sont de très bonnes personnes et je n'ai pas à défendre leur identité, pas plus que je n'ai à le faire pour tous les hétérosexuels de ma connaissance qui triment dur et qui rencontrent l'adversité dans un domaine ou un autre de leur vie. En ce sens, je ne vous raconterai rien de la vie de ces êtres chers que j'aime tant et qui partagent leur vie avec une personne du même sexe qu'eux.
Je ne vois pas l'intérêt de vous parler de la rencontre de Matante X et Mononcle Y, pas plus que de Chum V et Chummette W. Donc, c'est la même chose pour Copain L et Copain P et Copine M et Copine D.
Oh! Peut-être une chose. Un jour, il y a environ 10 ans, mon grand ami L est arrivé ici, après quelques années d'absence et il a dû se présenter à mes filles. Elles ne le connaissaient pas. Il s'est placé droit devant elles, du haut de ses 6 pieds 2 pouces et il a dit en les regardant droit dans les yeux:
-Bonjour les filles! Je me présente, je suis L. Je suis l'ami de votre mère et de votre père et je suis homosexuel. Avez-vous des questions?
Les filles l'ont regardé, ont souri et n'ont posé aucune question.
À partir de ce jour, l'homosexualité est entrée dans notre maison par la porte d'à côté et a été considérée comme étant un aspect de la vie de certaines personnes, point à la ligne.
Rien de plus.
Je remarque que les élèves de l'école assumant le mieux leur orientation sexuelle différente sont ceux qui se font le moins écraser par les autres. J'ai rencontré la mère d'un de ces élèves. Une chouette femme. Un fils très, très "assumé". On a besoin de ces jeunes dans les écoles secondaires. Pour aider ceux qui se font rejeter par leurs parents et par l'entourage. Parce que dans des situations de rejet, c'est infernal.
J'ai vu un excellent élève qui a voulu se suicider lorsqu'il a dû accepter le fait d'être homosexuel. Il ne le prenait pas. Il ne l'acceptait pas. C'était hors de sa "planification" de vie. C'était hors des attentes de ses parents. Porter atteinte à leur image. Au paraître.
Il a grandi. Il a appris. Il s'est libéré. Pour son propre bonheur et pour vivre sa vie. En dehors des attentes des autres. Il se sent bien maintenant.
Oh! Ce soir, en ce long congé, nous sommes allés souper chez Eduardo sur Duluth. Petit resto pas cher que nous fréquentons depuis plus de 25 ans lorsque nous ne voulons pas cuisiner et que nous ne voulons pas dépenser. Par contre, il est interdit de prendre du dessert à cet endroit. Pourquoi? Parce que nous nous dirigeons sur St-Denis tout de suite après chez Suite 88 pour vivre l'extase chocolatée. LE chocolat chaud sublime et indescriptible en saveur, en onctuosité et en arôme... Ahhhhhhh..................
Michel Tremblay y était.............. Et j'ai fait, en le regardant:
-Ohhhhhhhhhh!!!!!!!! Non, Non, Non... Je ne vous parlerai pas, je ne vous dérangerai pas.
Il m'a regardée, il a souri, il a choisi ses petits chocolats et il est sorti.
Puis il m'impressionnera toujours.

9 commentaires:
Ma chère Souimi, merci pour ta participation.
Ton nom s'est ajouté sur la liste, avant qu'elle ne disparaisse... Et ton billet est en lien dans le gros billet qui les regroupent tous, cela en permanence, enfin, tant que ce blogue existera.
;-) Mes chats et moi on n'a pas aimé le passage ou tu parles de fouetter.. des... on n'a pas compris... Héhé! ;-)
L'amatrice de chocolat connait-ele le chocolat 100% sans sucre, Luker ou Cruz? Dans certaines épiceries latino. Brut, amer, miam.
zed :)
Bien non, Zed, je ne connais pas du tout le chocolat Luker ou Cruz. Je vais certainement m'en procurer pour découvrir cette nouveauté et la s.a.v.o.u.r.e.r.
Les chats de Zed, je m'excuse du plus profond de mon coeur... Ma Margaux, chatte d'Espagne paresseuse et douillette, se joint à moi et vous transmets son amitié la plus sincère.
:)))
Souris-re à Margaux...
Tu me diras si tu n'arrives pas à trouver le chcolat. Je te dirai où j,ai réussi à en trouver car ce n'est pas facile.
Zed Bonne fin de semaine! :)
Quel hasard ou bien il n'y a pas de hasard, je lis ce mot et juste avant, j'ai écrit un message à tous mes amiEs leur demandant de faire un petit effort pour contrer l'homophobie en en parlant, en dénonçant les mauvaises blagues, etc. En cette journée contre l'homophobie, d'était le bon moment, moi qui suis maman d'un jeune homme homosexuel, qui est si fantastique, qui m'a tout dit à l'âge de 15 ans, il aura bientôt 20 ans. Je pleure en écrivant ces lignes, j'ai tellement eu peur pour lui, peur du jugement, peur de la haine qu'il vivrait, ressentirait. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de mes propres préjugés, qui ne sont jamais apparus. Heureusement, dans notre famille, nous vivons dans la lumière, pas dans un garde-robe, je me sens si chanceuse d'avoir reçu, entendu, son message lorsqu'il était jeune. J'aime ma fille hétéro, j'aime mon fils homo. J'aimes les gens, les humains! On a fait un bon bout de chemin... continuons.
Bonne fin de semaine à toutes et tous.
Merci, Chrystine! Quel beau message! Grâce à toi, ton fils a certainement pu rayonner très tôt dans sa vie, aidant ainsi un paquet de jeunes gays. Je suis certaine qu'aimé par une mère comme toi, il a pu grandir et être. Cette peur qui te hantait n'avait nullement sa raison d'être. Parce que je te connais. Et je sais très bien que tu as certainement été une superbe maman pour lui.
Tu lui offriras un chocolat chaud à la Suite 88 à ma santé! Et fais la même chose! C'est tellement bon!
J'ai hâte de te revoir! En tant que pionnières dans la démarche anti-régime, nous aurons certainement une rencontre un moment donné.
Je partage ton opinion sur l'homosexualité, Souimi. Pour moi, ça fait partie de la vie et ce n'est qu'un aspect de ce que sont certaines personnes que j'aime et d'autres que je ne connais pas.
Mais vous ne m'en voudrez pas si a un billet si beau, j'ai simplement aujourd'hui de répondre: il est ou le chocolat???
Gardez pas vos bonnes adresses pour vous, les filles! Ce serait un scandale! Hihi!
Bonne journée!
Vertige
xx
P.S.: Bonjour à Chrystine!
Oui Vertige, il faut avoir les adresses de Zed. Alors:
Zed,
Nous faisons front commun: LE CHOCOLAT! LE CHOCOLAT! Adresses demandées.
:-)
Écris-moi une adresse courrielle via la modération des commentaires et je te donnerai mes adresses.
Sinon, sur saint-Denis, il y a une chocolaterie (pas la tienne), peut-être est-ce au Festin de Babette, je crois, avec un chocolat 100 %, d'une marque italienne. Tu ne peux pas le manquer car des chocolats 100 % sans sucre, ça ne court pas les rues. C'est une tout petit format, noir, qui brise un facilement un budget si on en devient accro.
Les 100 %, sans sucre, on refuse presque de les vendre, croyant que ça décevra. Quelle erreur!!!
Celui-là, doux à souhait. Le contraire du brut et amer que j'aime et qui n'est pas cher du tout, car pour chocolat chaud, en principe, mais c'est une expérience différente.
Tu parles d'une place pour se parler de chocolat, hein?
Hihihi! Zed :D
(Pas sur mon compte)
Très joli billet, dont je partage votre point de vue en plusieurs points. J'ai la chance d'avoir eu la même «rencontre» (ou presque) que vos filles, et ce, toute petite. Je ne remercierai jamais assez ma mère d'être la femme ouverte d'esprit qu'elle est, et ce, en tous points. En ce qui concerne Michel Tremblay, j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de lui parler. Je n'aurais peut-être pas du. L'écrivain, dont j'admire toute l'oeuvre, m'a paru beaucoup moins que je ne me l'étais toujours figuré. Déception.
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