
Hier, je suis allée souper chez ma précieuse amie ML. Avec elle, c'est l'hilarité constante. Que j'aime cette personne! Et j'ai la chance de travailler avec elle, en plus. Une passionnée. Une flyée. Adorable.
Donc hier, j'étais conviée à un repas gastronomique de 9 services (oui, vous avez bien lu, 9 services) réalisé par un chef à la maison qui est aussi un extraordinaire collègue. ML demeure dans une vieille maison de sorcière dans le vieux St-Lambert, une maison qui dégage la même énergie qu'elle. On s'y sent bien, on s'amuse, on rit aux éclats, on vit la soirée et la houle qui l'accompagne. J'y ai rencontré des gens charmants, ses amis que je ne connaissais pas. Mon chéri ne connaissait personne non plus. Il a aisément pris sa place et on l'a accueilli chaleureusement, avec humour. Vous savez, ce genre de soirée sur une terrasse pendant laquelle on rit, on rit, on rit. On parle, on s'amuse. Et, le plus important: aucune prétention. Aucune. Pas le genre de conversation de frappés mettant leur cash sur la table pour épater la galerie. Rien de cela là-bas. Du rire, du plaisir, de la bouffe à se garocher par terre, du vin à profusion, des espiègleries. La vie.
Nous sommes arrivés là à 17h00 et avons regardé notre montre à 2h00 du matin. Le temps avait disparu. La vie était trop belle.
Vous savez, ML et F ont deux beaux garçons de 11 et 5 ans. Un autre couple présent était accompagné de leur fils de 6 ans. Les trois garçons ont joué à l'extérieur avant le souper. Ensuite, on leur a donné des sous et le plus vieux a amené les plus jeunes chez Subway. Ils sont revenus, ils se sont installés dans le boudoir, ils n'ont jamais demandé à leurs parents de prendre la responsabilité du souper, ils ont mangé calmement, sans nous. Ayant perdu toute trace des jeunes, je suis allée voir, espionner ce qui se passait dans le haut côté. Ils étaient installés, mangeaient en silence, sans aucune préoccupation. Le petit de 5 ans portait fièrement un sac de papier sur la tête, en guise de chapeau de cuisinier. C'était tellement drôle! Pas de crise de petit roi voulant vivre la même chose que les parents. Des enfants occupant leur monde et laissant les adultes dans le leur.
Plus tard, alors que nous réinventions le monde avec nos coupes de vin sur la terrasse, nous avons vu le trio courir dans l'allée de fleurs, ouvrir la fenêtre du premier étage et pénétrer à l'intérieur de la maison par la fenêtre. À tour de rôle, les jeunes relevaient le défi de grimper à la hauteur de la fenêtre, de se glisser à l'intérieur, laissant comme vision des pieds pendant à l'extérieur. On aurait dit une scène d'une autre époque, scène du même environnement que dans le film To Kill a Mockingbird. Des pieds d'enfants qui sortent de la fenêtre. heheheheh..
Puis plus tard, alors que seulement les lanternes du jardin nous offraient une lueur, les enfants avaient disparu. Ils étaient couchés.
J'ai fait remarquer à ML à quel point ses enfants avaient l'air heureux, savaient profiter du temps, s'amuser à l'extérieur de leurs parents. Même chose pour le petit invité. ML et MF sont des femmes dans la quarantaine comme moi. C'est alors que nous avons parlé de cette nouvelle mode des jeunes parents qui est celle de vouloir tout vivre avec les enfants. Nous sommes contre cette façon de faire. Mes parents ne se sont jamais occupés de moi lorsque nous étions en visite. Nous organisions le temps sans nos parents. Même chose pour bien des heures dans la journée. Nous étions responsables de gérer le temps à notre façon. Maintenant, je vois souvent des parents qui ont perdu leur espace personnel. Ils ont délaissé le leur pour celui de fiston ou fillette. Ils s'amusent et organisent le temps des jeunes. Et ces jeunes ne développent pas d'autonomie. Je n'ai rien contre le fait de vivre des moments avec les enfants. Ce sont des instants très importants et précieux. Mais il y a des limites. Lors de soirées entre amis, ces enfants qui sont dirigés par des parents envahissants tournent autour des parents, exigent l'attention, aucune conversation entre adultes n'est possible. L'enfant est roi. Excusez-moi, mes enfants sont mes princesses. Mais lorsque je suis avec des amis, elles me laissent avec mes amis. Et elles vivent leur vie sans déchirement et sans panique. Lorsqu'elles étaient toutes petites, on m'a souvent interrogée sur le fait que mes enfants savaient s'organiser toutes seules et s'amuser toutes seules. On me demandait comment je faisais. Je n'ai jamais su quoi répondre. Je leur ai laissé leur vie, probablement. Je n'ai pas considéré leur vie comme étant la mienne, probablement. Je ne sais pas. J'ai vu la même chose chez mon amie ML et chez sa copine MF. J'ai vu des enfants heureux et libres. Et des parents heureux et ouverts sur les autres.
Non, ce n'est pas un billet accusateur. C'est juste que parfois, je sens vraiment le besoin de dire aux gens de laisser leurs enfants tranquilles. Ce que j'ai vu hier était pure beauté.

12 commentaires:
Allô Souimi, je n'ai pas encore lu ton nouveau billet mais je voulais te transmettre cette invitation que tu connais peut-être déjà:
Le samedi 14 juin, Suite 88 Chocolatier invite les amateurs de glaces italiennes à venir déguster gratuitement un gelato*. Chocolatés, fruités et même épicés, nos différents parfums conçus à partir d'ingrédients de choix sauront plaire à tous. Rendez-vous ce samedi dans notre boutique-lounge pour une dégustation des plus rafraîchissantes.
*Petit format.
Ohlala!!!! Quelle invitation!!! Merci beaucoup, Christyne. J'aime tellement cet endroit! Nous essaierons d'y aller.
Plusieurs parents actuels carburent à la culpabilité, ils travaillent trop, ils sont divorcés, leur enfant est enfant unique, bref, ils n'en feront jamais trop pour pallier ces manques graves à l'enfance idéale qu'ils voudraient offrir à leur chérubin. Je connais aussi de ces parents que l'on invite pas parce qu'ils viendraient avec ce petit monstre que l'on ne peut pas supporter. Seuls, ce sont pourtant des gens charmants, sensibles, cultivés, intéressants, mais quand le petit est là ( et je ne parle pas d'un bébé, là, mais d'un enfant qui devrait avoir un minimun d'autonomie), plus moyen de leur parler et le gamin effronté qui dit que c'est plate et qu'il veut partir et le père qui essaie de l'amuser, ne profite donc pas de l'invitation et qui exige presque que l'on fasse un menu spécial pour son précieux trésor qui ne mange pas de fruits de mer et puis ils partiront tôt heureusement et il n'y aura pas d'autre invitation, du moins pas dans sa semaine de garde.
Oui, je sais de quoi tu parles, Femme Libre. Je trouve que c'est désolant...
Je me demande si je suis cette mère envahissante... je ne pense pas. Je pense que je vois un peu de quoi tu parles, le genre parent-organisateur qui ne laisse pas ses enfants respirer entre 2 jeux éducatifs... Moi, ça, ça m'énarve. Le jeu le plus éducatif qui soit c'est de sacrer patience aux enfants et de les laisser développer leur imaginaire en s'inventant une course de voitures, en se déguisant, en faisant semblant de.
C'est une très belle histoire que tu racontes et j'espère que mes enfants seront comme les enfants de ta copine.
Je ne t'ai jamais perçue comme étant un parent semblable à ceux que je décris dans mon billet, Ysa. Tu as toujours fait confiance en tes enfants et même pour l'accouchement. J'ai toujours senti que tu les considérais comme des personnes et non pas comme un prolongement de toi-même.
Au contraire, j'ai toujours admiré ta grande confiance en eux et en leur pouvoir de se connaître eux-mêmes (je pense juste à lorsque tu décrivais que tu les laissais écouter leur faim, que tu faisais fi des commentaires accusateurs concernant la courbe de croissance etc.) Je ne vois pas du tout comment tu pourrais être envahissante en ayant autant confiance en tes enfants. Je ne vois pas.
Oui, ça m'énarve aussi, tu ne peux pas savoir comment.
:-)
Salut la Souimi...
Ça prend bien une sorcière comme toi pour que je sois rendu sur un blog...
Ici, Madame Chose...Tu sais la mère des p'tits gars qui passe par la fenêtre à tour de rôle??? Ouais...Est-ce que je ne m'en occupe pas suffisament??? Parfois je le pense vraiment mais je me reprend rapidement...C'est dans l'air de bien "perler" à et de nos enfants...mais bon...J'aime aussi les voir se coucher avec leur gilet du jour parce qu'il sont brûlés d'avoir espionner les 1001 araignées sur le terrain...
Merci pour les bons commentaires...Tu sais, chez nous, les pédants ne rentrent pas...Ils ne sont certainement pas bien...Alors, voilà pk nous avons passé une si agréable soirée dans ce petit village de campagne en Italie...
Et je retournerais bien dans cette "Petite Italie" n'importe quand! Mais la prochaine fois, vous viendrez faire un pèlerinage dans mon sanctuaire des coupes Longueuil!
Bonne journée, vieille sorcière!
J'aime beaucoup ton billet! je viens de tomber dessus par le biais du site de Grande Dame.
très belle histoire!!
WOW !
Tu me donnes envie d'écrire plein de réflexions là-dessus : nos souvenirs d'enfance, où nous nous occupions toute la journée entre enfants : mais bien plus aussi. Je note précieusement ton blogue dans es favoris.
Merci !!!!
Oplavie, Omami et Marie,
Je vous remercie beaucoup pour vos beaux mots.
Vous reviendrez!
J'irai aussi vous visiter.
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