
Après avoir lu ce billet, je sens le besoin de faire une montée de lait... Daniel parle d'une catégorie de femmes. Je vais parler d'un autre type d'irritant féminin.
Je deviens de plus en plus exaspérée lorsque je rencontre des grandes gueules. Je ne suis plus capable. J'ai déjà écrit un billet sur ce sujet mais je sens vraiment le besoin d'en écrire un autre... Non mais, est-ce possible de se taire un peu? Êtes-vous tellement si seules au monde pour souffrir d'une telle diarrhée verbale? Êtes-vous capables de voir qu'autour de vous, il y a des gens? Pouvez-vous retrouver un peu de sensibilité lorsque le silence est requis? Ben non, faut vomir des platitudes et déranger. Oui, déranger. Parce que probablement, vous manquez d'attention. Alors, lorsque vous sortez, vous ne portez plus à terre, vous parlez, parlez, parlez. J'ai parfois même l'impression que vous ne vous rendez même pas compte que vous parlez. Même pas. Puis en face de vous, vos amis ne disent rien. Ils se taisent. Vous vous fichez bien de ce que les personnes avec vous ont à dire. Votre but est de parler de vous et seulement de vous.
Avez-vous déjà écouté?
L'autre est parfois passionnant. Mais comment faites-vous pour le savoir si vous avez toujours quelque chose à dire?
Et vous qui me lisez présentement, vous vous demandez certainement de qui je parle. Eh bien je parle de ceux qui dérangent. Tiens, je vais vous en citer une couple.
L'autre jour, mon cher et moi marchions au Parc Régional de Longueuil. Il était environ 19h00. C'était tranquille. Une belle soirée calme mais un peu pluvieuse. Donc, il n'y avait pas beaucoup de gens. Et là, tout droit devant, au petit lac, il était là. Dans toute sa splendeur. Il était là, bien droit, bien immobile. Le héron. Le beau gigantesque héron. Et de l'autre côté du lac, il y avait cette belle famille: l'homme à la caméra, la femme et les enfants aussi figés que le volatile. Nous nous sommes arrêtés. Quelle scène! La communion entre l'oiseau et la famille. Magnifique moment. Le silence. Que c'était beau de voir ces petits enfants aussi sensibles et respectueux envers le bel oiseau! Que c'était beau!
Mais non! Elle est arrivée, la matante, avec le mononcle et le beau-frère. Elle a craché tout droit devant: " Ouin! Yé pas clair, clair, le lac!"
PPPSSSSHSHSHSHSHSHHSHSH........................ Le majestueux oiseau a pris peur, saisi par le son stident de la voix de l'épaisse et il s'est envolé.
Peux-tu la fermer, ta margoulette???????????????? Va jouer au bingo si tu veux socialiser, mais laisse les gens en paix, EN PAIX!
Puis cette autre fois, lors de mon anniversaire de mariage avec le très cher. Nous sommes sortis pour manger tranquillement dans le quartier. Chez Oliveto. Vous connaissez? C'est mignon, tout discret, tout beau, tout gentil. Là, il y avait Jean Béliveau et sa femme. Nous les avons salués et avons pris place juste là, proche de la fenêtre arrière, aux côtés d'elles. Un groupe de 8 matantes. Ça criait, ça hurlait, ça s'énarvait, ça prenait tout le plancher. Ça sortait! Donc, ça devait se faire remarquer.
Viarge! Allez à la Casa Grecque si vous voulez faire le party. Ou bien au Buffet Kirin, ou chez Jack Astor's ou au 281, mais sacrez-nous patience! On en n'a rien à foutre de votre recette de gâteau aux carottes ou bien de l'arthrite de votre belle-soeur ou bien de votre dernier voyage en République. On s'en sacre!
Nous avons demandé de changer de place. On nous a offert une table en avant du resto et les deux couples qui étaient à nos côtés nous ont raconté avoir vécu la même chose que nous. Ces matantes manquaient totalement de savoir-vivre et de classe. Il ne manquait que le:
Et glou, et glou, et glou, et glou.... Elle est des nôôôôôôttttrrrreeesss,,,, elle a bu son verre comme les auauauauaauuatttrrrreessss....
Continuez de rrrrouler vos RRRRR mais de grâce, un peu de respect.......
Vous les reconnaissez certainement. Je ne veux pas cracher sur elles. J'aurai leur âge dans une vingtaine d'année. Ma mère fait partie de cette génération mais au contraire, elle n'a jamais agi de la sorte. D'une discrétion....
Je parle de ces femmes qui ont oublié... Non pas qu'elles souffrent d'Alzheimer. Non. Je parle de celles qui ont oublié qu'il y a tout un monde autour.
J'aurais pu mettre ce message au masculin puisque le masculin l'emporte. Les gars qui pensent obtenir le pouvoir en conduisant comme des malades m'irritent tout autant. Mais ce sera pour un prochain billet.
Je parle de nous, les femmes.
Il faudrait vraiment, mais vraiment apprendre parfois à se taire.....
Le silence est tellement riche..........Tellement.......

9 commentaires:
Je ne voudrais pas paraître pour un homme qui en a contre les femmes mais laisse-moi te raconter un anecdote qui va directement dans le sens de ce que tu écris.
Lorsque Blondinette, durant ses congés de maternité, osait aller dans des magasins avec Loutre ou Koala, devine qui lui claquait immanquablement la porte au nez alors qu'elle se démerdait seule avec la poussette? Jamais un homme. Toujours des femmes mi-cinquantaine en montant.
Ce n'est peut-être qu'une coïncidence mais je crois parfois, quitte à me mettre quelques lecteurs à dos, que plusieurs femmes vieillissent mal et perdent leur vision périphérique, autant en paroles qu'en gestes.
Belle montée de lait qui me rejoint complètement.
Maintenant, silence...
Hehehehe,,, mon En Saignant préféré. Si tu voyais à quel point Gran'Mom est l'exception qui confirme la règle. Tellement discrète, ma maman. Trop même... Elle laisse le plancher à tout le monde...
Il y en a des tas de Gran'Mom gentilles et respectueuses comme elle.
Mais il y en a des tas de frustrées aussi! Puis on en paie le prix. Comme si toutes les années pendant lesquelles elles avaient gardé le silence obligé faisait en sorte que maintenant, elles PARLENT! Et elles PARLENT!!! Et elles occupent l'espace... Tellement....
Je comprends ta Blondinette. J'ai vécu la même chose aussi... Ça fait suer.... Pas croyable.... Dans le métro, dans les restaurants, dans les magasins... Incroyable....
Triste, hein? La description que tu fais me fait tellement penser à ma mère (suis gênée là)!
Avec toute la gentillesse et l'altruisme du monde, elle m'offre de venir me prêter main forte ici lorsqu'elle me sent fatiguée mais plus souvent qu'autrement, je refuse.
C'est qu'accepter sa si généreuse aide sous-entend devoir être privée de ce silence qui m'est si cher durant plusieurs heures et alors je me sens la pire des ingrates.
Elle est comme ça, me chère maman, elle parle tout le temps, de tout, de rien, de son boulot, de ses émotions, elle me résume ses derniers mails, elle saute du coq à l'âne, elle me gave et m'étourdit.
Et quand elle part, je suis claquée pire que si je m'étais tapé seule le boulot qu'elle est venue m'aider à faire.
C'est donc aussi pour elle que je refuse son aide. Pour ne pas la blesser.
Grande Dame, la mienne est à l'opposé. Elle est si riche en paroles. Mais avec les siens, elle leur laisse toute la place. Aussi triste. J'aime bien ses histoires pourtant...
Tu sais, tu décris ta mère et je pense à une copine que je ne vois presque plus pour les mêmes raisons. Je me demandais toujours pourquoi je souffrais d'épuisement à chaque fois que nous nous réunissions. Un jour, j'ai compris. Je ne me rendais pas compte que c'est parce qu'elle prenait tout le plancher et que moi, je devais écouter et seulement écouter. Parfois, je glissais une phrase me concernant et elle tombait dans le vide. On revenait toujours sur ses affaires. Les matantes que je décris sont comme cela. C'est d'une tristesse...
Parce qu'elles ne se rendent pas compte que dans leur désespoir de vouloir se faire voir, elles ne récoltent que l'opposé.
C'est dommage car je sais combien cela lui fait plaisir "d'échanger" avec moi. Je sens la pression de mon devoir de fille et lorsque je lui offre une ocassion (une sortie, un souper, un appel), on dirait qu'elle veut tellement profiter à fond de cette opportunité du siècle qu'elle "densifie" le moment à outrance me soutirant du même coup tout mon jus.
J'ai donc besoin d'un grand bout de temps pour récupérer (et me remettre de ma culpabilité de n'être pas une fille plus attentionnée).
J'ignore s'il est plus facile de se défaire de cette culpabilité lorsque la pression du "devoir" n'est pas en jeu...
Je ne sais quoi te dire... Lui as-tu déjà manifesté ton insatisfaction lors de vos rencontres? Peut-être qu'en lui disant, elle pourrait prendre conscience de son comportement... Je ne sais pas... Il me semble...
Holala! Pourquoi cette peur du silence? C'est si bon. J'aime toujours les gens qui pensent que parce que tu as un bébé tu deviens du domaine public... "Tu pleures le tit bébé. Tu dois avoir des tites coliques/faim/besoin d'une tite susuce" M'énarve!!! Je ne réponds même plus!
C'est drôle, ça me fait penser à mes débuts de fréquentations avec mon chum: On ne se parlait pas! On s'assoyait dehors au soleil en se tenant la main et sans rien dire, en s'échangeant un sourire de temps en temps qui disait plus que n'importe quel mot qu'on aurait pu prononcer. C'était bon.
Ouf! Toutes ces paroles me rassurent : moi qui trouve si ressourçant le silence ou tout simplement pouvoir être à côté de quelqu'un que j'apprécie et échanger par le regard.
Beau détour que mon passage ici!
M'ci m' dame! :)
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