
Oui, c'est la relâche. La vraie relâche, cette année. Pour la première fois, je crois bien. Car avant, il fallait partir, il fallait planifier, il fallait profiter, il fallait rénover. Cette année: R.I.E.N. RIEN! Et c'est par désir et par choix. On devient "
simplicité volontaire" par choix alors, on assume ce choix. Ce qui est très agréable, c'est que ça ne nécessite aucun effort.
Vous savez, avec l'âge, j'éprouve de plus en plus le désir d'avoir des moments de R.I.E.N. Bien certainement, le sud est intéressant, le chalet dans l'nord aussi, les rénovations ne manqueraient pas dans ma vieille chaumière, les musées pourraient remplir notre horaire aussi. Mais cette année, nous avons décidé de ne R.I.E.N. faire.
La Rose n'a pas la relâche en même temps que nous et comme ce sera son 19e anniversaire la Journée des Femmes, le 8 mars, nous lui offrons un billet pour aller voir son amoureux en Alberta pendant SA relâche. La Camomille est bien occupée dans sa société de
Geek-Girls-Manga-Japan et elle couche chez l'une, reçoit le groupe entier demain pour toute la nuit, célèbre l'anniversaire d'une autre mercredi soir et partira skier avec son père vendredi.
Nous... Eh bien ce matin, ce fut la grasse matinée. Un lundi matin, sans AUCUNE obligation. Que le lit, le silence et Margaux la chatte désorientée qui miaulait à s'époumoner car elle ne comprenait rien à la
farniente de ses maîtres. Puis, le déjeuner au resto. Aller au Cafka le lundi matin... Tranquillement... Sans urgence... Prendre le temps... Puis,,, les courses pour acheter les cadeaux d'anniversaire de la Rose puis, le film.
Chasuble! Partir en marchant, au beau milieu de l'après-midi pour se rendre à la Place Jacques-Cartier dans le but de voir un film à 15h30 . Un lundi, à 15h30. La salle à nous. Personne. Que nous pour admirer la beauté de
Borderline. Que j'ai aimé ce magnifique film! J'aime bien l'écriture de Marie-Sissi Labrèche. Le film a été à la hauteur des mots profonds de l'auteure. Elle sait écrire, la belle blonde. On le lui a bien rendu à travers ces superbes prises de vue, ce jeu époustouflant de la charmante Isabelle Blais, de la grande Angèle Coutu aussi et le séduisant et excitant Jean-Hugues Anglade (confession: il fait partie de ma liste A). Ouais... Quel beau film!
Puis, la Rose croisée par hasard sur la route du retour. Elle, revenant du cégep, nous, de retour du film. Surprise, elle était... Puis l'arrêt au Marché Drouin pour y quérir la petite pancetta et l'exceptionnel pain à l'ail qui allait accompagner le carbonara de ce soir. Et le petit vin espagnol assez corsé merci qui dormait dans le placard en attendant d'être bu.
Puis c'est tout.
Et on fera autre chose demain. On ne sait pas quoi. On verra.
C'est agréable de vieillir. On apprend à dire: "
On verra." Et on y prend goût. Parce qu'on n'a jamais dit: "
On verra." On a toujours voulu tout meublé, tout remplir, tout combler. Pourquoi? Par peur?... Peur de quoi? De la vie? Du vide? De ne pas être à la hauteur???
À la hauteur de quoi???
Dimanche après-midi, j'étais seule ici avec mon beau-père. Histoire trop longue à raconter, je ne dirai que ceci. Il y avait un soleil de plomb dans le salon. Le fauteuil de cuir et son pouf étaient inondés des rayons de Galarneau. Mon beau-père s'est retiré dans la cuisine pour lire La Presse d'un couvert à l'autre et moi,,, et moi,,, en ce dimanche après-midi, j'ai filé tout droit sur le fauteuil gorgé de soleil, livre à la main, et je me suis offert deux heures de lecture sans aucune interruption. Puis, Beau-Papa est venu me rejoindre. Je l'ai regardé et j'ai dit: "
C'est l'fun, ne rien faire." Il a fait un grand sourire franc et a répondu:"
Oui, Oui.... C'est l'fun, ne rien faire." Puis j'ai déposé mon livre et j'ai parlé avec lui. Simplement. Sans rien d'autre que nos propos spontanés. J'l'aime beaucoup, cet homme. Lui, il a toujours su rester simple et humble, malgré toute la grandeur d'âme qui l'habite.
Je vous laisse, je dois préparer l'espace pour une dizaine de
Geek-Girls-Manga-Japan qui dormiront ici demain soir. Elles s'amuseront comme elles le veulent bien. Nous irons chez Longueuil-Pizza pour remplir ces estomacs d'adolescentes particulièrement passionnées des bd japonaises et nous, bien,,,, j'sais pas... Nous verrons... C'est ça... On verra...