vendredi, mars 28, 2008

L'Heure de la terre


Demain, à 20h00, vous êtes invités à veiller à la chandelle.

Bon samedi dans l'noir...

samedi, mars 22, 2008

Joyeuses Pâques!


J'ai décidé de séparer un seul billet en deux car je trouvais que parler du Ring en même temps que des broutilles qui suivent aurait été scandaleux.

C'est le contraste qui est presque choquant. J'écris la suite tout de même.

Ce soir, j'irai voir un spectacle très particulier. À St-Jean-sur-Richelieu, dans une petite salle, j'aurai la chance de rencontrer le seul et unique Jon Anderson du groupe Yes. Ce sera très agréable. Que de souvenirs.... En espérant retrouver un extrait de Close to the edge....


J'ai siroté le meilleur chocolat chaud de la planète hier après-midi. Ce fut l'extase instantanée. Je vous conseille fortement cette gâterie de la Suite 88, sur la rue St-Denis. Juste à y penser..... Je vous dis, c'est le nirvana garanti.

Sur ce, on va oublier les petits souliers vernis, la petite robe de coton fleuri ainsi que le chapeau de paille pour célébrer Pâques. On va garder l'gros Kanuk, les grosses bottes et la crémonne en cette journée du festival de l'insuline.

À bien y penser, je pourrais me transformer en grosse lapine et organiser une gigantesque chasse aux oeufs dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve...


Je vous souhaite de très joyeuses Pâques!

Le Ring



Avez-vous vu Le Ring? Quelle oeuvre touchante et vraie! Le petit Maxime Desjardins-Tremblay est époustouflant et criant de vérité. Ayant habité HOMA pendant 3 ans et en y ayant fait mon premier stage dans une école qui sert de lieu de tournage, j'ai retrouvé l'âme de ce quartier dès les premières minutes du film. Anaïs Barbeau-Lavalette a tracé un juste portrait des enjeux vécus par beaucoup de gens habitant Hochelaga-Maisonneuve. J'y retournerais. Pour y travailler. Et peut-être y vivre aussi. Plus tard,,, lorsque les filles seront parties et que nous serons à la retraite. Nous y retournerons peut-être. Faire du bénévolat. Donner du temps aux enfants.
Je me suis souvenue, en regardant Le Ring, que tous mes élèves avaient, malgré la pauvreté financière dans laquelle ils vivaient, organisé une fête lors de mon départ. Tous avaient apporté un fruit pour garnir une fondue au chocolat. Avec fierté, ils m'avaient offert une tasse, une soucoupe et une magnifique carte remplie de mots gentils. J'avais été bouleversée. Plusieurs d'entre eux ne mangeaient pas, mettaient leurs effets scolaires dans un sac Glad, portaient les mêmes vêtements 5 jours sur 5, étaient laissés à eux-mêmes. Et ils avaient pris la peine d'apporter un fruit,,, pour me faire plaisir.
Oui, je veux y retourner. Pour travailler avec le Docteur Julien peut-être.

On devrait accorder une bien plus grande importance à ce film. Bien plus grande...





vendredi, mars 14, 2008

Les plus beaux mots




Aujourd'hui, nous avons proposé une activité assez intéressante aux élèves. Dans le cadre de la semaine de la francophonie, une jeune et gentille enseignante, Geneviève, a confectionné de grandes banderoles vierges intitulées: Les plus beaux mots de la langue française. Il s'agissait de remplir la banderole avec les plus beaux mots. Donc, j'ai demandé à chaque élève des deux groupes d'aujourd'hui de trouver de beaux mots en justifiant leur choix. Ce fut une passionnante activité très évocatrice. Pendant 75 minutes, chaque élève écrivait sa petite liste au tableau, expliquait la raison de la beauté des mots et transcrivait ces derniers sur la grande banderole colorée. Nous afficherons les trouvailles la semaine prochaine.

Voici quelques moments qui ont touché mon coeur et celui des élèves:

M, grand gars costaud, est arrivé en avant de la classe et a écrit le mot BÉBÉ. Il a déposé la craie et a fait le geste caractérisant l'adulte berçant un poupon.

- C'est parce que lorsqu'on a un bébé dans nos bras, on n'a pas le choix d'être heureux. C'est beau, un bébé.

K, Arabe aux souliers et à la chemise d'une blancheur impeccable, au sourire en coin et à la répartie facile, est arrivé confiant devant la classe et a écrit FEMME, PLAISIR, APHRODISIAQUE.

De sa diction parfaite:

-La Femme, Madame, La Femme..... C'est le plus beau des mots...
-C'est l'hédoniste en toi qui parle, K.
-Hédoniste?
-Cherche, vas-y, cherche dans le dictionnaire.
-Il n'est pas là, Madame.
-Ça prend un H.
-Ah...
-"Personne qui cherche le maximum de satisfaction par le minimum d'efforts." Mais c'est vrai, Madame. Ahhhh! C'est tout à fait moi, ça. Ahhh!...

Hilarité générale. Le mec se redressait comme un paon et jouait le jeu. Que c'était drôle!

M, Haïtien d'origine, au sourire grand comme la terre s'est avancé et a écrit RACINES, QUÉBEC.

- C'est parce que même si mes parents sont nés à Haïti et que je suis né ici, il est important que je conserve mes racines et lorsque j'écoute les histoires de mes parents qui ont immigré ici, je constate que le Québec est la plus belle terre d'accueil qui soit.

Frénésie générale, ovation debout pour ce beau grand M...


F, belle blonde pétillante de santé, guérie du cancer, mordant dans la vie, a écrit FÉERIQUE et S'ENVOLER.

- J'aime le monde des fées. Je suis allée à Disneyworld et les fées me transportent. Le verbe s'envoler est le plus beau pour dire qu'une personne a quitté la terre. Elle ne meurt pas, la personne. Elle s'envole vers une vie transformée. Mais elle ne meurt pas.

Un jour, je vous raconterai l'histoire de ma belle F. J'ai accompagné sa mère lors de l'accouchement. Oui, j'ai vu cette petite naître. Puis, trois ans plus tard, elle a eu deux cancers. Une leucémie et le cancer du thymus. Elle a passé des années en chimio. Elle a vu mourir des petits enfants, ses amis de l'hôpital. Et là, elle est belle comme un coeur, elle vit à plein, elle voyage, elle fait du sport, elle est belle, belle, belle. Et je suis son enseignante de français depuis 3 ans. Oui, un curieux hasard. En deuxième, en troisième et maintenant, en quatrième secondaire. Et ce, sans rien provoquer. Un vrai privilège. L'entendre parler comme ça a été très émouvant pour moi. Nous avons tant à apprendre de personnes comme elle... De grandes personnes. Et elle n'a que 15 ans.

A, le beau grand garçon d'origine arabe (j'ai déjà écrit un billet sur lui), le garçon déchiré entre l'amour de sa copine vietnamienne et sa culture a écrit ÉTINCELLE.

-Toutes les étincelles sont belles. Lorsque je vois une étincelle sur une chandelle ou dans ma tête, ça va mieux. Ma blonde est la plus belle étincelle.

A, latino extraverti, a écrit DÉSERT.

-Lorsque je veux faire le vide, je regarde un désert. C'est pur, c'est uni, il n'y a rien. Je me sens mieux après, je suis allé faire un tour dans le vide.

Je trouve que c'est très sage pour un garçon si jeune. Ne pas avoir peur du vide. L'aimer, même.
F, le grand musicien rêveur a écrit GLACIAL.

- Oui, vous allez dire que la glace, c'est froid. Mais ce que j'aime de la glace, c'est sa pureté. Il n'y a aucune bactérie, on regarde la glace et c'est pur.

N, le joueur de hockey, sportif et énergique, a écrit MAMAN.

- C'est simple, j'aime ma mère. C'est juste pour ça. Je l'aime.

A, l'élève pieux et tranquille a écrit PAPA et IRIS.

- J'ai écrit papa parce que maman était déjà pris et j'aime mes parents qui me guident dans la vie. Puis iris parce que l'iris est la partie du corps qui fait qu'on apprend à connaître une personne. On la connaît à travers la couleur de ses yeux.

R, la belle brillante et romantique jeune fille, a écrit EUPHORIE.

- C'est un mot qui m'amène plus haut. Je le lis, je l'entends et ça fait lever.

M, le grand leader, a écrit HISTOIRE et ANORMAL.

-J'aime l'histoire. Il n'y a jamais de fin. On n'en connaîtra jamais la fin. C'est infini. C'est ma matière préférée. Et Anormal parce que je le suis.

-Est-ce qu'il y a une "normalité", M?

- Je suis bien comme je suis mais depuis que je suis né, je dois lutter contre mon père et mon frère qui font sentir que je suis anormal.

M, le bel Haïtien au sourire large comme l'horizon, de lui répondre:

- Bien, il faut être bien avec toi-même. Nous, on te trouve bien correct.

Avec un grand sourire détendu:

-J'suis bien correct, je ne veux pas être autre chose que ce que je suis. Si mon père et mon frère ne sont pas contents
( là, il y a eu un tremolo, je voyais que le pauvre avait vécu de grandes épreuves émotionnelles le faisant lutter et lutter et lutter), qu'ils regardent ailleurs. Moi, je suis bien. Vous savez, ils pensent qu'il n'y a qu'un chemin correct.

- Ils manquent d'ouverture?

-Oui, c'est ça, ils manquent d'ouverture. Ils ne voient rien d'autre qu'eux-mêmes.

Et moi, d'ajouter:

-L'important, c'est d'être Toi et rien d'autre. Juste Toi.

Il n'a que 16 ans. Il est capable d'être lui-même et de constater que parce qu'il garde son intégrité, il a RAISON. On a essayé de lui faire croire le contraire.

Et on dira que les adolescents ne comprennent rien à la vie. On voudra leur faire la leçon... J'en ris sous cape. Parce qu'ils savent tellement, tellement ce qu'on oublie...


Et moi...

J'ai écrit libellule, mousseline,aube, crépuscule, éveil, intégrité, indigo et cygne.

Et vous?

lundi, mars 03, 2008

La relâche


Oui, c'est la relâche. La vraie relâche, cette année. Pour la première fois, je crois bien. Car avant, il fallait partir, il fallait planifier, il fallait profiter, il fallait rénover. Cette année: R.I.E.N. RIEN! Et c'est par désir et par choix. On devient "simplicité volontaire" par choix alors, on assume ce choix. Ce qui est très agréable, c'est que ça ne nécessite aucun effort.

Vous savez, avec l'âge, j'éprouve de plus en plus le désir d'avoir des moments de R.I.E.N. Bien certainement, le sud est intéressant, le chalet dans l'nord aussi, les rénovations ne manqueraient pas dans ma vieille chaumière, les musées pourraient remplir notre horaire aussi. Mais cette année, nous avons décidé de ne R.I.E.N. faire.

La Rose n'a pas la relâche en même temps que nous et comme ce sera son 19e anniversaire la Journée des Femmes, le 8 mars, nous lui offrons un billet pour aller voir son amoureux en Alberta pendant SA relâche. La Camomille est bien occupée dans sa société de Geek-Girls-Manga-Japan et elle couche chez l'une, reçoit le groupe entier demain pour toute la nuit, célèbre l'anniversaire d'une autre mercredi soir et partira skier avec son père vendredi.
Nous... Eh bien ce matin, ce fut la grasse matinée. Un lundi matin, sans AUCUNE obligation. Que le lit, le silence et Margaux la chatte désorientée qui miaulait à s'époumoner car elle ne comprenait rien à la farniente de ses maîtres. Puis, le déjeuner au resto. Aller au Cafka le lundi matin... Tranquillement... Sans urgence... Prendre le temps... Puis,,, les courses pour acheter les cadeaux d'anniversaire de la Rose puis, le film.

Chasuble! Partir en marchant, au beau milieu de l'après-midi pour se rendre à la Place Jacques-Cartier dans le but de voir un film à 15h30 . Un lundi, à 15h30. La salle à nous. Personne. Que nous pour admirer la beauté de Borderline. Que j'ai aimé ce magnifique film! J'aime bien l'écriture de Marie-Sissi Labrèche. Le film a été à la hauteur des mots profonds de l'auteure. Elle sait écrire, la belle blonde. On le lui a bien rendu à travers ces superbes prises de vue, ce jeu époustouflant de la charmante Isabelle Blais, de la grande Angèle Coutu aussi et le séduisant et excitant Jean-Hugues Anglade (confession: il fait partie de ma liste A). Ouais... Quel beau film!
Puis, la Rose croisée par hasard sur la route du retour. Elle, revenant du cégep, nous, de retour du film. Surprise, elle était... Puis l'arrêt au Marché Drouin pour y quérir la petite pancetta et l'exceptionnel pain à l'ail qui allait accompagner le carbonara de ce soir. Et le petit vin espagnol assez corsé merci qui dormait dans le placard en attendant d'être bu.

Puis c'est tout.

Et on fera autre chose demain. On ne sait pas quoi. On verra.

C'est agréable de vieillir. On apprend à dire: "On verra." Et on y prend goût. Parce qu'on n'a jamais dit: "On verra." On a toujours voulu tout meublé, tout remplir, tout combler. Pourquoi? Par peur?... Peur de quoi? De la vie? Du vide? De ne pas être à la hauteur???

À la hauteur de quoi???

Dimanche après-midi, j'étais seule ici avec mon beau-père. Histoire trop longue à raconter, je ne dirai que ceci. Il y avait un soleil de plomb dans le salon. Le fauteuil de cuir et son pouf étaient inondés des rayons de Galarneau. Mon beau-père s'est retiré dans la cuisine pour lire La Presse d'un couvert à l'autre et moi,,, et moi,,, en ce dimanche après-midi, j'ai filé tout droit sur le fauteuil gorgé de soleil, livre à la main, et je me suis offert deux heures de lecture sans aucune interruption. Puis, Beau-Papa est venu me rejoindre. Je l'ai regardé et j'ai dit: " C'est l'fun, ne rien faire." Il a fait un grand sourire franc et a répondu:" Oui, Oui.... C'est l'fun, ne rien faire." Puis j'ai déposé mon livre et j'ai parlé avec lui. Simplement. Sans rien d'autre que nos propos spontanés. J'l'aime beaucoup, cet homme. Lui, il a toujours su rester simple et humble, malgré toute la grandeur d'âme qui l'habite.

Je vous laisse, je dois préparer l'espace pour une dizaine de Geek-Girls-Manga-Japan qui dormiront ici demain soir. Elles s'amuseront comme elles le veulent bien. Nous irons chez Longueuil-Pizza pour remplir ces estomacs d'adolescentes particulièrement passionnées des bd japonaises et nous, bien,,,, j'sais pas... Nous verrons... C'est ça... On verra...