vendredi, mai 23, 2008

Mes plaisirs



Je viens de lire le plus récent billet de Grande Dame. Je ne voulais pas écrire mes propres plaisirs dans ses commentaires car j'aurais eu l'impression de les cacher un peu. Mes plaisirs sont sacrés, tout comme les vôtres probablement. Ainsi, en empruntant la merveilleuse idée de Grande Dame, je les inscris ici car ils contribuent à mon bonheur.

Tous les soirs, lorsque je me glisse sous les draps aux côtés de l'homme qui partage ma vie depuis si longtemps et que je sens que la journée s'achève. Un rituel qu'il est difficile de quitter lorsqu'il part en voyage. Sa chaleur, son odeur, sa simple présence. Souvent, nous ne nous disons pas un seul mot, nous sommes là, comme le plus vieux des vieux couples: lui, à lire ses bouquins d'histoire et moi, à lire mon choix du moment.

Les heures en compagnie de mes filles devant la télé, à rire, emmitouflées dans les grosses couvertures pour écouter des reportages ou de simples niaiseries à la télé. Lon d'être une perte de temps, c'est l'heure du thé vert, des échanges concernant les brillantes idées que nous renvoie l'écran ou bien les pires platitudes.

La marche dominicale. Nous partons après le lunch et nous marchons une bonne partie de l'après-midi. Parfois, on va sur le mont Royal, parfois, on va à St-Lambert, parfois, on reste ici, dans le Vieux-Longueuil. Et c'est le traditionnel arrêt dans un café pour bavarder.

Mon quotidien avec ma précieuse amie C. Je travaille avec elle depuis plusieurs années, elle est devenue ma grande amie et je la considère comme faisant partie de ce que j'ai de plus précieux. Je chemine avec elle, je me confie à elle, je travaille avec elle, je ris avec elle, je m'étonne avec elle, je suis une meilleure personne grâce à elle. Nous menons plusieurs combats qui sont les mêmes et c'est un privilège de pouvoir affronter les tempêtes à ses côtés.

Le gym du samedi matin en compagnie de ma copine ML. À 7h30, chaque samedi, je prends l'auto, je me dirige chez elle à St-Lambert, elle entre dans le véhicule et là, on rit, on rit, on rit, on s'éclate. Parfois, c'est tellement épouvantable que je risque la collision. Nous arrivons au gym en pleurant de rire, nous courons pour avoir deux machines voisines, nous continuons le bavardage jusqu'à 8h30, elle reste dans la salle d'entraînement et je me dirige vers le cours de spinning. À 9h15, nous nous retrouvons, nous continuons de rire jusque chez elle, j'arrête le moteur, nous continuons l'hilarité hebdomadaire et je la quitte. ML travaille à la même école que moi la semaine mais nous nous voyons rarement. Donc, on s'éclate le samedi matin.

Mes moments de solitude à la base de plein air de Longueuil ou bien sur mon gros fauteuil de cuir usé dans mon salon, les pieds sur le pouf à méditer ou à lire. Décrocher. Ne penser à rien. À la base, regarder les cerfs sans bouger, le petit raton aussi, ou les marmottes ou les canards ou les oiseaux. Marcher et être là tout simplement. Je préfère particulièrement y aller les jours de pluie. Il n'y a personne. Je savoure toute cette beauté égoïstement.

Ouvrir la porte de la maison de mes parents et me retrouver devant le sourire ravi des hôtes, heureux de recevoir leurs enfants. Ce sourire, cette odeur, les fleurs du parterre arrière, la balançoire, l'armoire à bonbons. Ce sourire...

Mes précieuses et rares rencontres avec mon amie T qui demeure à Bonaventure. Je la vois rarement et je l'aime beaucoup.

Le resto du vendredi soir. Nous relaxons le vendredi. Nous sortons. Nous allons dans un petit boui-boui, nous ouvrons la bouteille de vin et nous bavardons. Lorsque nous sommes tous les quatre, c'est merveilleux!

Recevoir un commentaire touchant des élèves. Sentir que j'ai fait une différence dans leur vie. Rire avec eux, voir l'étincelle illuminer leurs yeux lorsque le déclic se fait. Les voir renversés par une lecture, recevoir leurs commentaires remplis d'étonnement et de stupéfaction. Les entendre dire qu'ils ont adoré le livre que je leur ai proposé, les voir sauter dans les airs lorsqu'ils reçoivent un bon résultat. Les revoir, des années plus tard, et les entendre me dire merci.


Constater que je n'ai plus de trouble alimentaire. Réaliser que j'ai fait un sacré bon choix en abandonnant les régimes et en choisissant de creuser pour me comprendre. Constater que je suis autre chose qu'un chiffre sur un pèse-personne. Réaliser que maintenant, je peux nommer mes réels bonheurs car je les vis.

Voir surgir le printemps. Voir poindre l'automne. Voir s'installer l'hiver. L'été, il fait trop chaud et mon quartier est trop achalandé.

Écouter ceci.

Ou encore, cela.

Sans oublier cette dernière qui m'a ouvert l'esprit lorsque j'avais à peine 10 ans. J'ai aimé le cinéma grâce à Alexandre, ce bienheureux dont je suis tombée profondément amoureuse... Ce Philippe.....





Voir loin. Avoir des projets, des rêves et en faire des intentions. Planifier en secret. Ne rien dire. Pour étonner. Pour surprendre et surtout, pour faire plaisir...

vendredi, mai 16, 2008

Pour répondre à Zed


Il y a quelque temps, Zed m'a demandé d'écrire un billet pour dénoncer l'homophobie. Je n'ai pas eu le temps alors, j'ai attendu. Entre temps, j'ai pensé à la façon de composer ce billet. Je ne sais toujours pas. Je vais y aller spontanément.

Chaque jour, j'enseigne à des élèves homosexuels. Aussi, j'ai des amis et amies homosexuels. Et ce, depuis plus de 25 ans. Pour moi, je ne vois pas pourquoi on devrait se rouler par terre pour revendiquer des droits qui sont, pour moi, les mêmes que les miens. Parce que ces personnes, je les aime. Et beaucoup. Donc, je n'ai pas à faire pleurer le Québec au complet en racontant leur histoire. Ça ne changera rien. Plus je vieillis, plus je constate que même en se roulant par terre, en hurlant ou en criant, on ne changera rien aux esprits bornés qui condamnent, qui s'opposent et qui jugent ce qu'ils ne connaissent pas. On voit souvent des vieux mononcles le bras dans les airs faire la leçon à ceux qui connaissent un univers qui leur est totalement étranger. J'ignore ces personnes qui font la leçon sans connaître. Ça ne donne absolument rien. Je n'ai pas d'énergie à dépenser à les convaincre de quelque chose qu'ils ne comprendront jamais.
Avez-vous déjà connu des vieux mononcles habillés en Fortrel décriant et condamnant le Woman's Lib??? Ahahahhahaha!!! Mon chum sait comment me faire rire. Il n'a qu'à sortir cette expression: le Woman's Lib. Je me roule par terre à rire. Car je reconnais ces hommes qui se sont fait servir toute leur vie et qui ont condamné les femmes qui voulaient se "libérer" en faisant autre chose que les torcher. Ah! que c'était difficile à accepter pour Anatole et Ernest que de voir Marguerite et Constance ne plus ramper par terre pour faire leurs quatre volontés. Le Woman's Lib. ahahahhahaha.....

Clamer haut et fort l'homophobie est pour moi du même niveau que revendiquer le droit des femmes. C'est la même lutte. Et moi, je ne lutte plus car j'ai intégré les deux. Je n'ai jamais lutté pour mes droits devant mon conjoint. Nous avons les mêmes. Je n'ai jamais lutté pour faire accepter mes amis homosexuels dans ma famille car j'ai toujours considéré l'orientation sexuelle comme faisant partie de l'identité donc, nullement contestable. Ça ne m'appartient pas et je n'ai jamais voulu résister devant le choix de vie des autres.
Je n'ai jamais questionné ma propre orientation sexuelle. Il est clair que pour moi, il n'y a rien de plus attirant qu'un bel homme qui s'assume et qui assume son côté Homme. Ce n'est même pas une question de choix, c'est viscéral. Alors je ne comprends pas pourquoi je devrais juger les gens qui ont d'autres attirances que les miennes. Ça ne m'appartient pas et j'ai d'autres chats à fouetter.
Par contre, je sais que ce n'est pas toujours facile lorsqu'on ne fait pas partie de la majorité. Alors, parce que j'aime mes amis, j'offre ce que j'ai, ma présence, lorsqu'ils en ont besoin. Ce sont de très bonnes personnes et je n'ai pas à défendre leur identité, pas plus que je n'ai à le faire pour tous les hétérosexuels de ma connaissance qui triment dur et qui rencontrent l'adversité dans un domaine ou un autre de leur vie. En ce sens, je ne vous raconterai rien de la vie de ces êtres chers que j'aime tant et qui partagent leur vie avec une personne du même sexe qu'eux.
Je ne vois pas l'intérêt de vous parler de la rencontre de Matante X et Mononcle Y, pas plus que de Chum V et Chummette W. Donc, c'est la même chose pour Copain L et Copain P et Copine M et Copine D.
Oh! Peut-être une chose. Un jour, il y a environ 10 ans, mon grand ami L est arrivé ici, après quelques années d'absence et il a dû se présenter à mes filles. Elles ne le connaissaient pas. Il s'est placé droit devant elles, du haut de ses 6 pieds 2 pouces et il a dit en les regardant droit dans les yeux:

-Bonjour les filles! Je me présente, je suis L. Je suis l'ami de votre mère et de votre père et je suis homosexuel. Avez-vous des questions?

Les filles l'ont regardé, ont souri et n'ont posé aucune question.
À partir de ce jour, l'homosexualité est entrée dans notre maison par la porte d'à côté et a été considérée comme étant un aspect de la vie de certaines personnes, point à la ligne.

Rien de plus.

Je remarque que les élèves de l'école assumant le mieux leur orientation sexuelle différente sont ceux qui se font le moins écraser par les autres. J'ai rencontré la mère d'un de ces élèves. Une chouette femme. Un fils très, très "assumé". On a besoin de ces jeunes dans les écoles secondaires. Pour aider ceux qui se font rejeter par leurs parents et par l'entourage. Parce que dans des situations de rejet, c'est infernal.
J'ai vu un excellent élève qui a voulu se suicider lorsqu'il a dû accepter le fait d'être homosexuel. Il ne le prenait pas. Il ne l'acceptait pas. C'était hors de sa "planification" de vie. C'était hors des attentes de ses parents. Porter atteinte à leur image. Au paraître.
Il a grandi. Il a appris. Il s'est libéré. Pour son propre bonheur et pour vivre sa vie. En dehors des attentes des autres. Il se sent bien maintenant.

Oh! Ce soir, en ce long congé, nous sommes allés souper chez Eduardo sur Duluth. Petit resto pas cher que nous fréquentons depuis plus de 25 ans lorsque nous ne voulons pas cuisiner et que nous ne voulons pas dépenser. Par contre, il est interdit de prendre du dessert à cet endroit. Pourquoi? Parce que nous nous dirigeons sur St-Denis tout de suite après chez Suite 88 pour vivre l'extase chocolatée. LE chocolat chaud sublime et indescriptible en saveur, en onctuosité et en arôme... Ahhhhhhh..................

Michel Tremblay y était.............. Et j'ai fait, en le regardant:

-Ohhhhhhhhhh!!!!!!!! Non, Non, Non... Je ne vous parlerai pas, je ne vous dérangerai pas.

Il m'a regardée, il a souri, il a choisi ses petits chocolats et il est sorti.

Puis il m'impressionnera toujours.

vendredi, mai 02, 2008

Le pouvoir de l'anti-régime, le pouvoir sur soi


Parfois, on vit des expériences qui sont difficiles à décrire. Depuis une semaine, j'essaie de trouver les mots pour vous raconter mon escapade en Estrie. Cependant, j'ai l'impression que mon humble témoignage ne rendra pas justice à la valeur de ce séjour si précieux. Essayons, tout de même...

Pour ceux qui ne le savent pas, j'ai dit adieu aux régimes et diètes à la con il y a un an. Vous pouvez assister à mon départ officiel et définitif du royaume de la folie en allant lire ceci. Depuis, je vis une merveilleuse aventure. Celle du respect envers moi-même. Parce que si vous avez déjà vécu la prison du désir de maigrir, vous comprendrez certainement la violence sans pitié qui nous habite en période de lutte CONTRE soi-même. Refuser d'être ce que l'on est. Désirer habiter un autre corps. Regarder les belles silhouettes sur le trottoir et mourir de honte en s'imaginant immense, flasque et pas regardable. Et la roue tourne... La privation, la haine, la frustration, la colère, l'obsession, la rage, la compulsion, le jeûne, la torture. La voix, la voix, la voix. Cette petite voix qui habite notre corps, cette voix qui ne cesse de camoufler ce que l'on est vraiment. Parce qu'on refuse de voir qui on est vraiment. Comment faire pour connaître cette personne qui est soi? En épluchant tranquillement l'oignon. On apprend à faire la paix avec notre histoire et avec le passé. Et après, on laisse le passé dans le passé. On l'a vu, on l'a compris, on n'en veut plus. Mais ça, ça prend du temps. Et de nos jours, il est difficile de prendre du temps. On veut tout, tout de suite.

J'étais tellement écoeurée, il y a un an, que j'ai décidé d'abandonner ce combat illusoire: celui de refuser d'être. J'ai lu le livre Mangez! J'ai eu l'impression que l'auteure, Guylaine Guèvremont, me connaissait personnellement. Ses propos étaient les mêmes que les miens. Elle semblait tellement COMPRENDRE. Parce que ne nous leurrons pas, nous savons que souvent, les nutritionnistes, les généralistes, les éducateurs physiques, les animatrices de Mince-Ceci, Mince-Cela, W-Ceci, W-Cela encouragent la R.É.S.I.S.T.A.N.C.E.

Et on crée ce à quoi on résiste.

Alors, on devient G.R.O.S.S.E.

Je n'étais pas grosse lorsque j'ai fait mes premiers régimes. Tiens, je vais vous le dire: lors d'un de mes premiers vrais régimes à l'âge de 18 ans alors que j'étais au cégep et que je me trouvais la fesse un peu dodue ( je mesurais 5 pieds 4 pouces et je pesais 127 livres), je suis allée voir un doc. Oui, un vrai docteur. Il m'a donné des protéines liquides, il m'a sacré des injections dans les cuisses chaque semaine, et il m'a ordonné de manger 500 calories par jour. J'ai maigri. Je pesais 117 livres. J'étais affamée. Et le reste appartient à l'histoire du yoyo. Sans compter les périodes d'anorexie-boulimie. L'extrême violence...

Lutter, lutter, lutter. Être contre, ne pas vouloir être soi.

Il y a un an, j'ai décidé que je ne luttais plus. Je ne lutte plus. J'ai épluché l'oignon couche par couche en thérapie. Et là, j'arrive de ce merveilleux week-end. Une fin de semaine en compagnie d'une quinzaine de femmes ayant vécu le même enfer que moi et émergeant depuis. Des femmes qui ont décidé que c'en était assez. Ce fut une intense célébration de la beauté. Parce que j'ai rencontré de très belles femmes qui parlaient avec leur coeur. Nous avons ri, mangé, bavardé, pris du soleil, marché, médité, célébré notre authenticité. C'était un réel plaisir de rencontrer des adeptes de l'anti-régime et de partager notre vécu, nos victoires, nos craintes, nos vies. C'était un vrai bonheur d'être entourées de professionnelles provenant de plusieurs champs d'action : Guylaine et Marie-Josée, les nutritionnistes, Marianick, la psychothérapeute, Nathalie la coach en relaxation et Mirah, la chef cuisinière.

De plus, j'ai eu la chance de vivre ce moment avec la magnifique petite Vertige. Quelle belle, belle jeune femme! Honnêtement, je l'adopterais. Nous avons voyagé ensemble, la rencontre officielle a eu lieu au Mc Do du métro Longueuil. Nous nous sommes reconnues tout de suite. Là-bas, nous avons partagé la même chambre, nous avons passé de longs moments dans le spa. Même le deuxième soir, épuisées, nous parlions, parlions, parlions dans la chambre, sans arrêt. Ce fut la même chose lors du trajet du retour. C'est vrai que nous nous connaissions virtuellement. Le fait de se côtoyer pour vrai n'a qu'augmenté les atomes crochus. Mais oui, elle est resplendissante, la petite Vertige. Et quelle force! WOW! Saviez-vous qu'elle a fait Compostelle toute seule? Si jeune... J'ai beaucoup à apprendre d'elle. Merci, Vertige. Je t'apporterai les livres et les CD bientôt. Et Chrystine, et Nadine, et toutes les autres...

Je ne décrirai pas le contenu de la fin de semaine car je sais que plusieurs autres moments de la sorte seront vécus et je ne voudrais pas dévoiler les surprises aux gens qui vivront cette expérience dans le futur. Chose certaine, si vous désirez participer, ne croyez pas que vous serez forcés ou obligés à quoi que ce soit. Puisque la philosophie de l'approche anti-régime est celle de l'écoute des signaux de la faim et de la satiété, il est totalement cohérent de permettre aux participants de choisir. Donc, on n'obéit qu'à une seule personne, à soi. C'est loin des séminaires de lavage de cerveau à l'intérieur desquels des gourous autoritaires qui dirigent tout et n'écoutent rien. C'est l'inverse. Pas de gourou. Des guides qui travaillent avec nous en douceur. C'est ça, en douceur, dans le respect et l'autonomie. On vit la fin de semaine avec la même attitude que celle que nous devrions toujours adopter envers nous-mêmes...

J'ai tourné le dos au cirque infernal des régimes. Je n'en suis que très heureuse et libérée. Vous devez certainement vous demander si j'ai maigri... Faites l'expérience, vous aurez la réponse. Je termine en vous disant que plus JAMAIS je ne percevrai ma propre personne en fonction d'un chiffre sur un pèse-personne. Parce que lorsque je l'ai fait, pendant 35 ans, je suis passée à côté de la vie, de ma vie. C'est fini. Maintenant, je vis. C'est aussi simple que cela. Est-ce que j'ai maigri? Probablement... Peut-être...