vendredi, août 22, 2008

De bien étranges personnages...




















Lorsque mon père a acheté le chalet en Gaspésie, les objets étaient compris dans le prix. Avec insistance, j'ai exigé qu'il ne détruise rien, qu'il laisse l'endroit tel quel pour conserver l'âme du passé. Il a modifié le chalet de plusieurs façons, à mon grand désarroi. Cependant, il a conservé plusieurs bébelles qui étonnent. Je pense particulièrement au bébé joufflu de la chambre des maîtres. Ce gros visage cireux terrorise les enfants et toute personne mettant les pieds à cet endroit. Moi, j'l'aime bien, ce bébé. Et que dire des deux chiots qui ont mal aux dents! C'est un ensemble composé d'une salière et d'une poivrière! Ma soeur a eu la chance de recevoir l'immense jarre à biscuits lors d'un certain Noël pendant lequel la consigne était d'offrir un cadeau usagé. La jarre était la maman chien ayant aussi le même mal de dents...

Je vous offre un tour guidé d'un musée pour le moins,,,hétéroclite. Plusieurs objets présentés appartiennent à mon père: les bateaux, la goélette de la Gaspésie, les Santons, les souvenirs de voyage. Mais le reste incite à créer un climat disons,,,étrange... Avec la mer juste devant la grande vitrine, il y a de quoi imaginer tout un monde.....

En passant, vous aurez une vue de la dernière invention du propriétaire: la porte des paresseux! Sur le mur de la cuisine, mur adjacent au hangar, l'Grand'Pop a installé une trappe servant à garocher la récupération dans le bac bleu de l'autre côté. Pas besoin de sortir dehors, d'ouvrir la porte du hangar et de marcher trois pas. Génial!

dimanche, août 17, 2008

Les vacances












Mon père (le fameux Grand'Pop) possède un trésor. Il ne le sait pas. Il n'a pas idée, je crois. Cet endroit est magique. C'est la splendeur assurée à condition d'accepter de rouler 6 heures. Le bijou est à Matane. Nous y allons de façon sporadique depuis une quinzaine d'années. Imaginez! Un chalet assez grand pour environ 8 personnes, sur le bord de la mer. Un chalet bourré de trouvailles datant de plus de 50 ans... Des bibelots, des images, des cadres, des vieux livres. On y est bien. Particulièrement cette année. L'année dernière, nous avions sauté notre tour. Étions allés dans le sud des États-Unis à la place. Là, je vieillis. Je m'aperçois que le silence est d'or et qu'à Matane, j'obtiens ce silence. Dans une maudite belle cambuse... Et là,, et là,,,, il faisait soleil, il faisait beau. Nous mangions dehors, les filles ont aménagé le garage en atelier de peinture, nous avons pris le temps.

Ce ciel, ces perséïdes, ce calme de la mer.
Par contre, pour la première fois depuis 15 ans, j'ai vu des bans d'algues rouges, des hélicoptères de la garde côtière, des oiseaux morts... Il me semble qu'à Matane, la nature est intouchable... Il me semble qu'on respecte la vie, là. Pourtant,,, avec ce que j'ai vu,,, il semblerait que non.

Mais tout de même,,, c'est beau...
Dire que ce chalet a été loué, jadis, par Marie-Claire Blais et sa compagne.... Je comprends à quel point elle était inspirée....

Merci à toi, mon Vieux!

mardi, août 05, 2008

L'envol de la Rose



En thérapie, j'ai appris que la facilité à s'abandonner, le lâcher-prise naturel provient de la petite enfance. Il semblerait que les personnes qui font confiance et qui foncent dans les expériences de la vie sans mettre le frein sont celles qui, lorsqu'elles étaient toutes petites, ont reçu la réponse exacte à leurs besoins manifestés. Les adultes qui les entouraient savaient décoder rapidement les besoins et comblaient adéquatement les manques du jeune enfant sans se préoccuper de la pression sociale.

On ne m'a pas dit à l'avance qu'elle vivrait cette expérience. Son père était son complice et, lorsqu'elle est revenue de Toronto en pleine nuit alors que le Très Cher était allé la chercher au terminus de la rue Berri, je me suis informée de son voyage. Il m'a dit que son séjour dans l'Ouest Canadien avait été très plaisant et que c'est sa halte à Toronto qui lui avait procuré la plus grande exaltation de toutes ses vacances. Il a éclaté de rire et m'a confessé ce secret: elle avait sauté en parachute.

Là, j'ai revu toutes les fois pendant lesquelles il l'amenait au parc et il la laissait faire toutes les acrobaties possibles et impossibles sans éprouver la moindre crainte. Étant beaucoup plus réticente, je le laissais partir avec elle sachant très bien que je ne voulais pas lui transmettre mon angoisse irrationnelle.

Ils m'avaient épargnée. Ils ne m'avaient rien dit. Lui, il savait. Moi, je l'ignorais. Je serais sans doute devenue folle alliée sachant que ma Rose allait se garocher dans le vide. S'abandonner. Et,,,voler dans le ciel... Un saut de 13 000 pieds!

Je suis émue à chaque fois que je regarde les clichés et le film de ce saut. Au-delà de son immense courage, je vois aussi les 20 dernières années alors que nous avons fait de notre mieux pour qu'elle développe de la confiance en elle et qu'elle puisse se fier à ses propres ressources. Et je dis à son père maintenant, là, en ce mardi après-midi, que nous avons été de bons parents car en ne voulant pas tout contrôler ou tout faire à sa place, nous l'avons laissée prendre son envol.